Barbudo Conexión (c)
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19-09-07
Le parapluie : pour ou contre ?
Bon. Je vous propose aujourd'hui de répondre à cette question que tout le monde se pose :
Pour ou contre le parapluie ?
Après avoir effectué un rapide bilan de la situation du parapluie, j'ai tout d'abord relevé 2 "CONTRE" de taille.
>>> Vous êtes dans la rue. Il se met à pleuvoir. Vous sortez votre parapluie. Vous n'êtes pas le seul. Les trottoirs se meuvent alors en une jungle terrifiante où vous allez devoir lutter pour ne pas finir éborgné. Parce que les petites vieilles, elles en ont rien à foutre, de vous planter une baleine dans l'oeil (aucun, mais alors aucun jeu de mot ne me vient à l'esprit, là). Elles vont tout droit et c'est à vous de faire des petits sauts de cabri (olé) pour éviter la fatale rencontre entre les petit bout de métal pointu et votre précieuse cornée. D'autant plus que certaines personnes ont tendance à confondre parapluie et parasol en se trimbalant avec des trucs larges comme des trucs larges. Ce qui augmente encore les risques d'accidents rétine/truc en métal.
>>> Ensuite, le parapluie, je dis : pour quoi faire ? Car ne pas l'utiliser peut s'avérer être une terrible technique de drague (IAM wipwizent). En effet : Petit "a" : toute personne lambda trempée par un liquide à base de pluie et non-munie d'un parapluie grimace inconsciemment. Petit "b" : fort de l'observation faite en petit "a", on peut dès lors lutter contre ce réflexe et arborer un visage serein et détendu. Petit "c" : arborer ce visage serein et détendu confère immédiatement un énorme avantage concurrentiel par rapport à vos challengers dans la quête de la personne idéale pour perpétuer l'espèce humaine : vous sortez en effet du lot et êtes immédiatement repéré par l'être convoité.
Mais rassurez-vous : tout n'est pas noir, dans ce tour d'horizon du parapluie ! Je dénombre en effet pas moins de 2,5 "POUR" ! (sans compter le Youm Kip du même nom).
>>> Déjà, ça protège de la pluie. Et c'est quand-même une bonne raison en soi (en satin aussi, d'ailleurs). Alors c'est sûr qu'on est quand-même à moitié trempé après une averse, vu que la pluie tombe souvent en biais. Et puis de toute façon, à cause de la capillarité, l'eau remonte toujours en bas des jambes (même si votre jean est chauve). Mais sur le principe, je valide.
>>> Ensuite, dans mon infinie mansuétude (secondaires), je lui rajoute un bonus de 0,5 point pour avoir inspiré "Le Parapluie" à Brassens.
>>> Et puis moi, le parapluie, je lui donne un point de plus rien que pour emmerder les superstitieux. Que soit-disant, quand on l'ouvre en intérieur, ça porte la poisse. Qu'on me laisse rire : HA ! Parce que les usines de parapluies, elles sont pas à toit ouvert ! Or, les gars qui travaillent dans ces usines, ils sont pas victimes de trucs contestables à longueur de journée. Ca se saurait.
Je fais même exprès de l'ouvrir chez moi, le parapluie, de temps en temps, juste pour entendre les superstitieux, catastrophés, me supplier de le refermer ! Franchement, je me demande d'où elle vient, cette idée fumeuse. Et pourquoi se couper les ongles ou se curer les dents ça serait pas synonyme de malchance aussi, tant qu'on y est, hein ? Soyons sérieux 30 secondes...
D'ailleurs, je vais leur prouver, à tous, que c'est des conneries ! Je l'ouvre, mon parapluie et il ne se passe rien ! Ha là là... Qu'ils sont crédules, tous, avec leurs superstitions tout pourrites ! Malchance mon c*#§ ! Eh m^¨ù 0@--(> ?...
###un bloggeur vient de trouver la mort suite à l'explosion suspecte de son ordinateur. Il semblerait par ailleurs que son cadavre ait été mâchouillé par un dinosaure de 4,5 tonnes avant d'être l'objet d'une combustion instantanée, phénomène extrêmement rare et toujours inexpliqué. La police essaye actuellement de comprendre la présence d'un parapluie ouvert retrouvé à côté du tas de cendres###
17-09-07
Réservation, surréservation et strapontin...
En réservant mon billet de TGV la semaine dernière, j'avais le choix entre 18h45 et 20h15. 18h45, je dis pourquoi pas, mais à 27€ (contre 10€ en Corail il y a trois mois), j'ai finalement opté pour le 20h15. Allez comprendre.
Quelle n'est pas ma surprise, au moment de régler, de découvrir un message que je vous livre (de chevet) à brûle-parpaing : "La place que vous avez choisie [j'en ai pas choisi une en particulier] étant en surréservation, vous risquez de devoir voyager debout. Veuillez vous adresser à un contrôleur sur le quai avant l'embarquement".
Bon. Je suis bien obligé de prendre mon billet, si je ne veux pas payer 27€. J'en ai quand-même pour 21€, sans avoir la garantie d'avoir une place. C'est très fort.
Arrivé sur le quai dimanche, je m'adresse donc au contrôleur. S'ensuit un échange d'une densité telle que je m'en vas vous la livrer également ici-même et sans plus attendre : "- Bonjour, j'ai réservé une place, mais apparemment, il n'y en a plus ? - Euh, oui. - Donc je fais quoi ? - Euh, vous montez, vous attendez 10 minutes après le départ du train et vous regardez s'il y en a quand-même. - Et s'il y en a pas ? - Euh, vous restez debout, ou vous prenez un strapontin. - Et c'est aussi cher ? - Euh, oui. Au revoir"
Et, effectivement, j'ai dû opter pour le strapontin (je n'étais d'ailleurs pas le seul). Tout pourri.
Car si la SNCF se fait un devoir de vous faire payer deux fois plus cher un billet de train réservé plusieurs jours à l'avance pour ne PAS avoir de place, elle met également un point d'honneur à ce que vous soyez mal assis. Et c'est bien la moindre des choses, puisque vous avez payé deux fois plus cher un billet de train que vous avez réservé plusieurs jours à l'avance pour finalement ne PAS avoir de place.
C'est donc une véritable débauche de trucs qui sont mis en place dans le seul but de rendre votre voyage le plus inconfortable possible.
Le strapontin est un siège d'appoint qui peut se lever et s'abaisser. On notera aussi, de façon moins académique, que "strapontin" se prononce presque comme "ragondin".
Dans un TGV, le strapontin est large de quoi... allez... 30 centimètres ? Une personne non-naine, non-anorexique ou non-unijambiste ne peut dès lors techniquement pas faire tenir l'ensemble de son fondement sur une telle superficie. C'est donc une nouvelle prouesse de la part de la SNCF, qui parvient à faire payer le double du prix pour moitié moins de surface de siège et ce, dans le seul but de nous faire préférer le train. Il fallait y penser. On les en remercie.
De la même manière, plutôt que d'installer les strapontins en quinconce (ça fait longtemps que je voulais le placer celui-là), il les ont placés face à face. C'est bien, ça favorise les rapprochements humains. Car les couloirs sont larges de 1m50. Vous aurez alors la chance, pendant toute la durée du trajet, de pouvoir labourer les jambes (ou le ventre, si vous faites plus d'1m80) de la personne assise en face de vous. Heureux fripons que vous êtes ! Vous allez pouvoir vous frotter à un magnifique vis-à-vis en forme de mannequin suédois. A moins que vous ne tombiez sur un picard à la hure mal dégrossie. Car à la SNCF, on n'a pas de préjugés.
Et puis, petit à petit, une sensation nouvelle et diffuse s'emparera de vous. Le mal au cul. Parce que le strapontin n'est pas confortable pour un sou. Ni, d'ailleurs, pour une fortune, dont le montant équivaudrait, par exemple, au double du prix d'un voyage en Corail.
Cet état dit de "mal au cul" est vite complété par celui dit du "mal au dos sa race", puisque le dossier du strapontin s'arrête pile (alcaline) au milieu du dos. Comme quoi les TGV sont bien faits, contrairement à la nature. Il en résulte l'obligation pour le voyageur de faire travailler ses abdominaux puisqu'il ne peut pas s'adosser correctement à la paroi du train plus de 5 minutes. C'est très bien, ça entretien la forme. Il est par ailleurs impossible de dormir, puisqu'il faut plier le cou à 90° pour toucher la paroi avec la tête, sous peine de se déplacer 3 vertèbres. C'est très bien aussi : dormir, c'est pour les cons.
Mais, rapidement (environ 300Km/h), vous oublierez vos maux (insérez ici le jeu de mots de votre choix) pour vous contenter d'essayer de survivre. Car le TGV Est-Européen n'échappe pas à la règle. 10 minutes avant l'arrivée, la moitié du wagon se regroupe devant la porte de sortie, bagage à la main et bave aux lèvres, attendant fébrilement l'ouverture de ladite porte.
Ca ne sert à rien, le train n'arrive pas plus vite et ça fait chier tout le monde. Avec une mention spéciale pour ceux qui ont eu l'honneur de voyager sur le strapontin. Car ils sont placés entre les voyageurs qui attendent et la sortie.Et le voyageur qui attend, c'est très con. Ca s'en fout d'être à 50 dans un sas, de piétiner les vieilles et de te niquer un pied avec sa valise à roulette, tant que c'est le premier à sortir du train. Du coup, ça fait travailler les réflexes. Parce que dès l'ouverture, faut pas traîner, sinon vous mourez piétinés. Or, comme vous avez les jambes toute pourries (ou ankylosées), c'est assez sportif.
Ca tombe bien, c'est pour ça qu'on paye deux fois plus cher un billet de train qu'on a été obligé de réserver longtemps à l'avance pour finalement ne PAS avoir de place réservée. Le strapontin fait en effet mal au cul à plus d'un titre (de transport).
12-09-07
Da Vinci Code, RATP et 30 Millions d'Amis...
Lettre-en-forme-de-blog ouverte à Pierre Mongin, P-DG de la RATP...
Monsieur Janaillac,
Je ne vous aime pas. Il y a quelque jours, je gambadais gaiement tel une gambas gaie dans les couloirs de votre métro. Un métro ma foi fort poli bien qu'un peu hautain (et aux fines herbes). Foufou que j'étais. C'était sans compter sur cette fine équipe de cerveaux sur laquelle repose l'efficacité légendaire de votre entreprise.
Car Nec Mole Premitur, comme fit graver le poète au fronton d'une maison rémoise. "Ne presse pas la masse". C'est bien connu : les poètes sont des alcooliques (néphrétiques). En voici une preuve supplémentaire, pour ceux qui douteraient encore du fait que les protégés d'Apollon (13) se pochetronent tous la gueule au gros rouge qui pique. Car enfin : il faut bien admettre que cette citation latine ne veut pas dire grand-chose. Du moins le pensais-je, jusqu'à ce jour maudit.
Inconscient du danger qui, inéxorablement, se rapprochait de moi et surtout très en retard pour retrouver des potes de l'autre côté de Paris, je me dis, derrière les échauguettes de mon château-fort intérieur : "j'vais couper avec le RER C pour gagner du temps". Erreur.
J'aurais dû me rendre compte que j'étais PRESSé (comme de par hasard) et que ma corpulence pouvait largement être qualifiée de MASSE (qui joue mal de la guitare, oui, Loris). Dès lors (Jacques), j'aurais dû me remémorer cette mise en garde, Isengarde. On était en plein Da Vinci Code, là ! Des trucs en latin secrets, gravé sur des trucs en pierre non moins secrète (ah bon ?). Mais non.
Je fonçais avec fougue vers ma perte et vers le quai du RER C susmentionné. Je monte dans ledit RER et quelle n'est pas ma surprise d'apprendre, après 3 stations, que tout le monde va devoir descendre, pour prendre un bus, faire l'équivalent de 4 autres stations, répondre à 12 questions posées par le père Fouras, trouver la sortie du Labyrinthe Magique, résoudre une énigme mystérieuse grâce à des indices non moins secrets, pour ensuite reprendre la RER et continuer notre voyage. Tout ça à cause d'une opération de réfection.
Admettez que ça fait beaucoup. D'autant qu'il me semble avoir déjà mentionné que j'étais en retard. Or, parcourir 3km de couloirs, 2 autres kilomètres pour atteindre l'arrêt de bus, rester bloquer dans la circulation (raison pour laquelle les gens préfèrent d'ailleurs prendre le métro) et se retaper des couloirs, ça n'était pas exactement prévu dans l'opération "gain de temps" que j'étais si fier d'avoir mis en place.
Bien évidemment, votre opération n'était annoncée nulle part. Ni affiche, ni annonce. Juste une espèce de feuille scotchée de travers et de façon aléatoire sur quelques-unes des portes des RER. Franchement, fallait être au courant. Je suis donc arrivé encore plus en retard que prévu.
Mais ça n'est pas la raison pour laquelle je vous écris cette lettre-ouverte-en-forme-de-blog.
Monsieur Mongin,
Je ne vous aime pas. Et comment voulez-vous qu'on vous respecte, lorsque vous appelez une opération de réfection des voies "Opération Castor" ?
Non mais ça va pas ? Qu'est-ce qui vous a pris de valider ça ? Je serai curieux de savoir quel esprit torturé, quel déséquilibré mental, quel abruti congénital à pondu ce nom. "Opération Castor"... C'est "Opération Taupe" qu'il fallait choisir !
Car les taupes, ces mammifères insectivores groupant cinq espèces répandues en Europe et en Asie, au museau allongé, aux yeux très petits, aux pattes antérieures pentadactyles armées de griffes fouisseuses, à la fourrure douce et épaisse creusent dans le sol un réseau compliqué de galeries et se nourrissent essentiellement de lombrics (fin du copier-coller). Autant de points communs avec votre métro (les lombrics exceptés).
"Opération Castor"... Vous n'êtes quand-même pas en train de construire un barrage de retenue avec des branches de noisetier, là ? Non ? Bon, alors...
11-09-06
Journalistes, mangouste et révolution...
 C'est marrant. En primaire, je voulais être archéologue. Ensuite, j'ai voulu faire "comme mon père" (sans bien sûr trop savoir ce qu'il faisait) et puis, finalement, au lycée, je m'étais décidé pour le journalisme.
Mais bon. Déjà, c'était baisé, puisque ma conseillère d'orientation a toujours voulu me faire faire de la logistique (j'ai jamais compris pourquoi d'ailleurs). A chaque entretien que je passais avec elle et même si je lui disais que la logistique, rien que le nom me faisait chier, elle n'en démordait pas et me vendait ce boulot que je savais ne pas être fait pour moi. Elle récitait alors une litanie d'arguments tout droit issus de Conseillère d'Orientation Magazine, le numéro spécial "Logistique, des métiers d'avenir". Quand je lui parlais du journalisme, elle rigolait, en m'expliquant que non, désolée, ce sera pas possible vu que tu n'as eu que 12 de moyenne en français ce trimestre. En même temps quelle idée de caser des jeux de mots minables dans ta rédaction sur le 12ème chapitre des confessions de Rousseau, quand il raconte qu'il a mangé une pomme ? Et puis de toute façon, tout le monde [savait] bien que journaliste c'est un métier de con. Bon. A la limite, je m'en foutais. J'ai jamais pu sacquer les conseillères d'orientation. C'est un peu comme les haricots verts. Ca fout le cafard et c'est inutile (un de ces quatre, rappelez moi de vous parler de ma haine farouche envers les haricots verts). Donc j'écoutais pas. Mais un jour j'ai pris conscience du fait que si je me destinais bel et bien à devenir journaliste, j'allais devoir écrire REGULIEREMENT, en laissant tomber mon style contestable pour un phrasé académique et que je serai obligé de faire des phrases de moins de 60 mots. Or vous aurez pu constater par vous-même en fréquentant ce blog que quand j'écris, c'est pas exactement ça.
J'ai donc laissé tomber mon super plan de carrière pour me laisser porter par mes études. Et si j'ai, pendant un temps, regretté de n'être pas devenu journaliste, je me console en me disant que finalement, ça m'aurait fait chier d'exercer un boulot où les cons sont légion (attention : ça vanne sec). Vous l'aurez deviné, ils m'ont encore bien énervé en couvrant un (à peu près) récent fait d'actualité.
Et j'ai donc le plaisir de vous présenter le sujet du jour : le traitement médiatique de l'hospitalisation de Castro. Il y a quelques semaines, à la veille de ses 80 ans, le dictateur annonçait au monde qu'il venait de subir une intervention chirurgicale assez lourde suite à une crise intestinale aigüe et qu'il transférait donc le pouvoir à son frère cadet, Raùl, en attendant d'être remis sur pieds. C'était une grande première. Et, sitôt l'annonce faite, les journaux de tous les pays s'unirent pour annoncer la mort imminente du Lider Maximo. Déjà là, j'avais du mal à y croire. Parce que bon. Alors bon. C'est sûr qu'il n'est plus très jeune et que l'opération n'était pas bénigne. Mais de là à nous foutre sa bio en boucle et à remplir des pages entières pour répondre à l'hypothétique question de sa succession, comme s'il était déjà enterré, y'avait de la marge. Car il faut quand-même garder à l'esprit que le système de santé Cubain est de loin supérieur à celui de son voisin nord-américain. Et puis le gaillard est solide ! Quand, il y a quelques années, il s'était fracturé la rotule et le coude gauches, il avait continué à exercer ses fonctions pendant sa convalescence.
Ce qui m'a d'autant plus attristé, c'est d'entendre qu'avec l'arrivée de son frère au pouvoir, la dictature vivait ses derniers jours (elle aussi décidemment...). Si c'est pas triste d'entendre des choses pareilles à notre époque, ma bonne dame ! Je suis loin d'être calé sur la question, mais Raùl Castro n'a rien d'un ange. Dans un sens, Fidel, lui, fait des efforts. Que ce soit avec des colombes, des portraits du Che ou des discours fleuves de 5h, on doit bien avouer qu'il y met du sien ! Un véritable dictateur comme on n'en fait plus guère aujourd'hui. De ceux qui se donnent la peine de cacher (ou tout du moins de justifier) leurs exactions en usant de leur arme principale avec un plaisir non-feint : le charisme.
Raùl, lui, c'est l'exact opposé. Marionnette de Fidel, homme de l'ombre, terne et discret (contrairement à son frêre aîné), formé par les soviétiques à la grande époque, il a trempé dans un paquet d'affaires troubles (pour ne pas dire toutes) ces 50 dernières années à Cuba et ailleurs. Il n'a ni le goût ni l'habitude du pouvoir, préférant largement opérer (ou plutôt supprimer) froidement à la manipulation de masse, qui nécessite des talents de tribun qu'il n'a pas. En fait, il est d'autant plus dangereux qu'il agit dans l'ombre.
D'ailleurs, en apprenant qu'il devenait président intérimaire, l'opposition ne s'y est pas trompée. Alors que les anti-castristes de Floride débouchaient le champagne, les cubains, eux, se terraient encore un peu plus, pressentant avec raison que le vent n'allait pas tourner, mais qu'il allait forcir. Parce que le petit frère a sorti l'artillerie lourde en matière de répression, partant du principe que 1/. Quand le chat n'est pas là suite à une crise intestinale aigüe les cubains dansent au rythme de Buena Vista Social Club et que 2/. Si les cubains commencent à prendre goût à la liberté, Fidel verra son emprise sur eux voler en éclats. D'autant que la date de ses 80 ans correspond à peu de choses près à celle du sommet du Mouvement des Non-Alignés qui se tient cette année à La Havane... Pour vous dire à quel point il fait bon vivre en ce moment sur l'île : les parents sont obligés d'interdire à leurs enfants de sortir de chez eux car la police cubaine arrête la plupart des jeunes qui ont le malheur de marcher dans la rue. Au cas où, hein...
Bref : ils m'ont bien soulé ces journalistes. Enterrer Castro alors qu'il est loin d'être mort et annoncer la fin de la dictature alors que c'est justement l'inverse qui se produit, faut le faire !
Quant à Bush... Sans vouloir verser dans l'anti-américanisme primaire, il m'a carrément gonflé. L'ennemi juré donne des signes de faiblesse ? Hop hop hop ! Je ressors ma litanie sur la Liberté, je promets de lever l'embargo si on fait des efforts et j'incite les cubains à se révolter... Sauf que :
1/. Je ne vois pas pourquoi le gouvernement castriste devrait faire des efforts pour mériter la levée au moins partielle de l'embargo, dans la mesure où il est absolument injustifié aujourd'hui (si tant est qu'un embargo puisse trouver un jour une légitimité). Il y a bien longtemps que Cuba ne représente plus aucun danger pour son voisin. A part lui envoyer des morceaux de canne à sucre taillés en pointe, la crise des missiles est bien lointaine, aujourd'hui... Et puis, comme tout bon blocus qui se respecte, c'est avant tout et surtout la population qui en pâtit. L'élite, elle, n'a pas de problème pour manger, se déplacer en voiture, etc. Surtout que ça me semble être une erreur d'un point de vue stratégique, puisque ce blocus permet justement à Castro de diaboliser les Etats-Unis. Il y a longtemps qu'il aurait dû être levé.
2/. Il me paraît pour le moins stupide d'inciter les cubains à rejoindre l'opposition dans la mesure où, comme je le disais plus haut, la répression s'est fortement aggravée depuis l'annonce de l'opération de Castro. D'autant qu'à mon avis il ne faudra pas s'attendre à un mouvement de masse ; une révolution contre la révolution (et non-pas "dans", big-up à Régis Debray). Depuis maintenant presque 50 ans, Castro s'est appliqué à faire de la révolution de 59 son fond de commerce. Il n'oublie cependant pas d'y inclure l'ensemble des cubains. Et même ceux qui sont nés 20 ans après doivent avoir le sentiment d'avoir combattu aux côtés du Che et de Camillo Cienfuegos ; d'être les descendants directs de José Marti. Avec ces récits à la dimension biblique des combats livrés alors contre l'envahisseur yankee, ce blocus imbécile qui met quotidiennement à l'épreuve le courage d'un pays entier, avec tout ça et le reste, un puissant sentiment de fierté et de dignité s'est développé à Cuba. Et c'est grâce à ça (enfin à mon sens, hein) qu'ils supportent aujourd'hui la dictature de Castro. Evidemment, ils rêvent de liberté. Mais ça n'est pas une hospitalisation qui les fera se révolter en masse contre le pouvoir en place. Il faudra quelque chose de plus radical et de plus fort, comme la mort de Fidel (la vraie de vraie cette fois) pour faire changer les choses. Sinon ça serait reconnaître qu'ils se sont battus pour rien pendant un demi-siècle.
Et le plus triste de tout, c'est que le jour où il va canner (je ne fais même pas de blague avec "canne à sucre", c'est vous dire combien je vous estime) ça va vraiment me faire chier parce que ce sera le début d'un méchant bordel. Je sais bien que la dictature est, en règle générale, plus facile à vivre quand on habite à 10.000km de là. Mais j'ai bien peur que les cubains soient de toute façon perdants, quelle que soit la solution qui répondra à la question de sa succession : durcissement de la dictature en place, renversement et purge par les anti-castristes, ingérence américaine...
Que du bonheur quoi ! Il ne manquerait plus que ma conseillère d'orientation décide d'y passer ses vacances...
09-04-06
Un billet énervé qui balance grave...
Bon. Alors bon. Attention : j'aborde aujourd'hui un sujet grave et je vous préviens tout de suite que je me fous complètement des conséquences. Je suis trop un cramé, moi. Je balance et puis c'est tout !
Donc. Je vais parler des bouteilles d'eau minérale avec un embout à la con. Tadaaaaa !
Alors tout de suite, hop, j'agrémente mon discours d'un dessin en 3D, histoire de me faire bien comprendre :

Superbe schéma illustrant les deux positions ("a" et "b") des embouts à la con. Attribué à Léonard de Vinci.
Comment elles m'ont gavé, ces bouteilles d'eau minérale avec un embout à la con ! Que je vous explique.
A mon sens, y'a deux grandes écoles qui s'affrontent concernant la technique à utiliser pour boire avec ce genre de bouteilles.
- Celle du "Karsher" qui consiste à appuyer trèèèèèès fort sur le corps de ladite bouteille afin d'en faire jaillir la flotte. Dans ce cas-là, les gens normalement constitués manquent de s'étouffer après s'être explosé la glotte à cause de la pression du jet.
- L'école dite de "L'Aspirateur", dont les membres aspirent l'eau en tétant le goulot (ou "embout à la con") sans laisser l'air rentrer dans la bouteille. Du coup, le vide se créé à l'intérieur, elle se contracte et ça fait un bordel de tous les diables.
Or, selon un récent sondage Iflop (...), 82% des personnes qui utilisent ces bouteilles d'eau minérale avec un embout à la con le font pendant un partiel. Et je vous mets au défi de rester concentré sur votre copie lorsque vous êtes cerné par des étudiants qui toussent pour recracher leur flotte et éviter la noyade, pendant que les autres boivent comme des bienheureux en se foutant royalement du bruit qu'ils font.
Oh, combien d'étudiants, combien de camarades ont un jour failli se prendre une table sur la couenne pour avoir utilisé en ma présence une de ces bouteilles d'eau minérale avec un embout à la con (la prochaine fois, je mettrai "copier-coller" ; on gagnera du temps) !
De ces étudiants fébriles qui ont besoin de 10 minutes pour s'installer à leur table parce qu'ils doivent installer et classer du plus clair au plus foncé une collection de surligneurs qui ferait pâlir de jalousie un arc-en-ciel. De ces étudiants fébriles qui, grâce à leur fiches bristol quadrillées , ont ingurgité leur cours et sont prêts à le réciter par coeur sans en avoir vraiment pigé le contenu. De ces étudiants fébriles qui prévoient toujours 3 barres de céréales, 1 pommes et deux litres de flotte pour un partiel d'une heure (et qui n'y touchent pas). Bref, de ce genre d'étudiants modèles qui ont émaillé mon parcours universitaire en qui ne partageaient pas exactement le même point de vue que moi sur les études.
Je ne les critique pas. Loin de là. Disons que je peux les comprendre. Mais le résultat est là : si je respecte leur façon de voir les choses, je ne leur pardonnerai jamais d'avoir utilisé ces maudites bouteilles copier-coller ! C'est comme le gars qui les a inventées.
Non mais alors lui... Personne ne lui avait rien demandé ! On se débrouillait très bien sans ses embouts à la con ! Eh ben lui, rien à foutre : non seulement il a cette idée contestable, mais en plus il nous l'impose sans nous demander notre avis... Rien que pour ça, dans mon estime, je le place pas loin du mec qui a inventé les ouvertures "faciles" des CD.
Quant à ceux qui pondent les pubs inutiles et mauvaises destinées à venter les mérites de ce genre de produit... Comment leur dire que j'ai envie de me pendre quand je vois leurs spots et que je pense aux quatre années d'études qu'il m'a fallut pour (ne pas) réussir à bosser dans le même milieu qu'eux ! Enfin je ne suis pas pour autant membre de ces anti-pub-pas-très-constructifs qui scandent haut et fort que "La pub c'est trop de la merde qui fait que les gens achètent n'importe quoi pour remplir les poches de ces salauds de capitalistes et que bon : heureusement qu'on est là pour taguer sur les affiches dans le métro pour protéger les consommateurs, même si on doit prendre une amende de la part de la RATP en martyrs que nous sommes. Mais c'est pas le tout, faut que j'y aille... Monop' va fermer et je suis en rade de café Max Haavelar".
Parce que bon. Si la publicité est un vaste sujet, y'a un truc chez eux qui me gave royalement. C'est le fait que les mecs ont une tendance marquée à nous considérer comme des moutons demeurés. Parfois, quand je les écoute, j'ai l'impression : - Qu'ils sont réellement persuadés que, parce qu'on voit une pub pour un chalumeau oxhydrique à la télé ou pour une bouteille copier-coller, on va foncer en acheter 3 cartons. - Qu'ils sont réellement persuadés que, grâce à eux on ne le fait pas, parce qu'ils ont déjoué le plan machiavélique ourdi par les publicitaires (Philippe, tout ça...).
Alors que pas du tout. Je crois que je consacrerai un billet à ce sujet très prochainement. A moins que, d'ici-là, je ne décide de parler d'un sujet au moins aussi grave que celui d'aujourd'hui, comme l'amalgame trop souvent fait entre la pelle et la bêche au cinéma.
Ca laisse rêveur, hein !
07-02-06
A l'attention de l'IFLOP...
Bon. Alors bon.
Pour commencer, rituel oblige, beaucoup de courage pour lire ce texte.
N'ensuite de quoi, bon. Je sais bien que l'IFLOP n'existe pas, que les gens normaux disent IFOP. C'est Philippe qui m'a un jour sorti cette connerie. Ça m'a fait marrer. Alors depuis, je mets un "l" entre le "f" et le "o" pour parler de ce prestigieux (sur une échelle de 1 à 25) institut de sondages qui a, au passage (si ce n'est lui, c'est donc son frère, mais le résultat est là) eu la bonne idée de déclarer que Ségolen Royal dépassait actuellement Nicolas Sarkozy en terme d'intentions de vote pour 2007.
Déjà, sur le principe, le résultat me sidère et j'ai franchement du mal à croire qu'une majorité de français voteraient pour elle lors des futures élections présidentielles. Mais le truc qui m'a vraiment gavé, c'est la couverture médiatique qu'a généré la diffusion de cette information. Couverture qui a atteint son apogée, à mon sens, sur Europe1 dimanche dernier, avec une interview enregistrée sur le Salon de la Chaussure à Paris où la candidate s'est rendue pour représenter la charentaise et plus particulièrement (je vous jure que c'est vrai) la charentaise en poils de ragondins chère à sa région.
Avec des arguments et un programme politique pareil, je comprends mieux qu'elle soit présidentiable en 2007 !
Ceci étant dit, je retourne au véritable objet de mon message. Ce week-end, histoire de sortir un peu et de faire un truc "normal" avec des gens normaux (au lieu d'écrire des films à base de sangliers ou d'extra-terrestres contestables), j'ai accompagné mon pote Philippe, sa nana et une copine à lui au cinéma.
Pour aller voir Les Bronzés 3.
Oui je sais, je chie la honte. Oui je sais, y'a plein de films intéressants à l'affiche en ce moment. Oui je sais, je suis au chômage depuis quatre mois et je ferais mieux de m'acheter des nouilles plutôt que de foutre 8,90€ là dedans (au passage, j'en profite pour m'insurger contre un pareil tarif... Les mecs perdent de la crédibilité quand ils essaient de faire culpabiliser les jeunes qui téléchargent des films illégalement avec des spots tous plus pourris les uns que les autres... Attends : pour le prix d'une place de cinéma, les mecs ils payent leur abonnement illimité à internet et ont accès à tous les films qu'ils veulent ! 9€ pour une place ? ÇA, c'est du vol, oui !).
Mais leur escapade était prévue de longue date et je ne me serais pas aventuré à dire à la copine de Philippe que les Bronzés 3 me tentait très moyennement. Enfin j'me comprends. Me voilà donc entouré par 250 personnes heureuses d'être là et de s'être fait raqueter pour voir le dernier volet de la trilogie. Et puis... rien.
Le film est vide. Beaucoup l'ont apprécié pourtant et je dois reconnaître que je n'ai pas eu un regard très objectif. Disons que je rigolerai peut-être en le voyant à la télé dans 5 ans. Mais sur le moment, là, pas du tout. J'ai dû sourire une douzaine de fois, rire à trois reprises, regarder ma montre 75 fois et soupirer... euh là, j'ai pas compté. Parce que tout manque de finesse dans ce film. Depuis les gags laborieux pour la plupart, jusqu'à la manière de filmer qui pique les yeux en passant la bande originale (Zucchero a -très mal- remplacé la chanson mythique des Bronzés)... On sent même que certaines phrases ont été écrites pour devenir cultes ; manque de bol elles tombent à plat.
Bref, je suis loin d'avoir adoré. Mais je le répète : peut-être que dans cinq ans je rigolerai en le regardant à la télé. D'ici là, j'ai un service à demander à l'Iflop ou à tout autre institut de sondage (avec ou sans "l" supplémentaire) : J'aimerais assez que vous ne me preniez pas en compte lorsque vous comptabiliserez le total des places vendues pour ce film... Ça va me faire vraiment chier, sinon, d'avoir participé à ce carton annoncé.
Je préfère largement filer ma "voie" à un film comme "Le Cauchemar de Darwin", que je n'ai pas vu en salle. Celui-là, il fait beaucoup moins rire. Il fait même plutôt peur. Et beaucoup réfléchir, surtout.
Pourtant, rares sont ceux qui l'ont vu (au cinéma ou ailleurs), alors que les Bronzés 3 enregistrait 500.000 entrées le jour de sa sortie. Etonnant, non ? Ou pas...
07-12-05
En coup de vent...
Bon. Alors bon.
Je sais que mon message va être un peu court, mais bon. Vu ce que je vous inflige en temps normal, je pense que ça ne sera pas pour vous déplaire...
Je poste ce texte pour deux raisons. La première pour relater un nouveau coup d'éclat américain. Vous le savez probablement déjà, mais au cas où... Figurez-vous que le nouveau Kirikou est interdit dans les salles américaines aux... moins de 18 ans ! Promis juré ! Mais bon c'est justifié, hein ! Allez pas croire ! C'est parce que les Africaines du village de Kirikou y sont représentées... seins nus. Mon Dieu, mon Dieu ! Mais où va le monde, je vous le demande ? Montrer des seins nus dans un dessin animé à des enfants qui devraient être à l'école en train d'apprendre que Darwin disait de la merde et que bon, vive la Bible, ou encore qui pourraient s'échanger des flingues contre des malabar à la récré ? Moi je te me vous foutrait tous ces auteurs de dessins animés dissidents, communistes, anti-américanistes primaires et terroristes à Guantanamo ou dans l'une de leurs prisons secrètes en Europe (puisqu'à priori c'est d'actualité) pour leur apprendre.
Bon.
Deuxième raison, toujours d'ordre cinématographique et en forme d'invitation : Je vous invite et vous recommande trèèèèèèès chaudement d'aller voir Trois Enterrements de Tommy Lee Jones. Il est tout simplement, beau, surprenant, émouvant, drôle, les acteurs y jouent tous mieux les uns que les autres, le scénario est bon, le réalisateur (Tommy Lee Jones himself) excellent et puis... eh ben c'est déjà pas mal, non ? Bref, c'est une vraie tuerie. N'en déplaise à l'un de mes potes qui, coutumier de ce genre de décisions absolument subjectives (sur une échelle de 1 à 10) a décidé de ne pas y aller pour une raison ma fois bien à lui : tout simplement parce qu'il n'aime pas trop l'affiche.
Aucun rapport avec des apparitions de seins nus, donc, mais bon... Faudra que je lui demande s'il n'a pas un peu de sang américain dans les veines, celui-là, la prochaine fois que je le vois !
10-10-05
Comme quoi...
Bon. Alors bon.
Aujourd'hui je vais passer pour un con. Je ne vais pas vous parler de grands auteurs, de Marcos, de politique, de littérature, mais de... Jane Fonda. C'est con, hein ! Je vous l'avais dit.
Que je vous explique. Hier soir, à pas d'heure, je tombe par hasard sur la redif de "Vivement Dimanche Prochain". C'était donc Jane Fonda qui était invitée. Moi, je ne la connaissais pour ainsi dire pas. Je l'ai juste vue dans un film minable avec Jennifer Lopez, dans l'avion qui nous emmenait vers Lima. C'est vous dire que j'avais un à-priori clairement négatif à son encontre. Le film était vraiment à chier. Pourtant, allez savoir pourquoi, j'ai regardé un bout de l'émission. Et je suis allé de surprise en surprise.
La première c'est quand je l'ai entendue parler. En français. Grosse stupeur ! Pas une trace d'accent, un vocabulaire bien plus châtié que le mien et une aisance déroutante. Du coup, je me suis dit : "Putain ! Le service publique claque les moyens aujourd'hui : il reproduit tous les mouvements de la bouche de Jane Fonda en 3D pour impressionner les américains et faire croire qu'elle est bilingue." Eh ben que nenni ! Elle est VRAIMENT bilingue... Respect, donc.
Et puis ensuite, ils ont montré une sorte de rétrospective de ses différents engagements politiques : droit à l'avortement, reconnaissance des Indiens et contestation des guerres du Vietnam et d'Irak, etc. Sauf que elle, elle a commencé vachement jeune, contrairement à notre Brigitte Bardot nationale qui s'est mise à militer pour les animaux, pour qu'on ne l'oublie pas complètement et pour camoufler un peu ses accointances d'extrême droite.
D'ailleurs ça fait vachement de bien, d'entendre un peu parler politique chez Drucker... Faut pas trop leur en demander non-plus, hein. Pour les vrais débats, il vaut mieux regarder Riposte[s], à la même heure sur Arte, me semble-t-il. Parce que là, ça restait quand-même très caricatural. Drucker et Elkabach étaient bloqués sur "Bush il est pas cool et ce qu'il a fait à l'Irak c'est pas cool non-plus"... N'empêche, ça fait du bien, un peu de contenu. Elle a d'ailleurs dit un truc très intéressant pour leur expliquer qu'il ne faut pas faire d'amalgames entre Vietnam et Irak. Elle leur a fait remarquer que, d'abord, les militaires étaient enrolés de force. C'est pourquoi la population était plus largement mobilisée. Surtout que même la jeune bourgeoisie pouvait être appelée à se battre dans la jungle. Alors qu'aujourd'hui, le schéma est complètement différent : les gens sont tellement pauvres et désespérés qu'ils s'engagent volontairement en espérant passer entre les attentats et rentrer avec quelques dollars en poche...
Bon. Ensuite l'émission est redevenue "normale", c'est à dire chiante et Drucker redevenu toujours plus mielleux, c'est à dire insuportable. Mais je ne suis pas mécontent d'avoir vu cette partie de l'émission. C'est peut-être con, mais je ne pensais vraiment pas dire un jour que je respectais Jane Fonda pour ses engagements !
Comme quoi...
Ps : Puisque je vous ai parlé du Vietnam et de l'Irak, voici en supplément gratuit une petite citation de Roosvelt, de la même trempe que celle de Kissinger que j'ai récemment postée : "Tout ce que désire ce pays-ci, c'est de voir dans les contrées voisines régnerla stabilité, le bon ordre, la prospérité. Tout Etat dont le peuple se conduit bien peut compter sur notre cordiale amitié. Si une nation montre qu'elle sait agir avec une efficacité raisonnable et un sens des convenances en matière sociale et politique, si elle maintient l'ordre et respecte ses obligations, elle n'a pas à redouter l'intervention des Etats-Unis. L'injustice chroniqueou l'impuissance qui résulte d'un relâchement général des règles de la société civilisée peut exiger, en fin de compte, en Amérique ou ailleurs, l'intervention d'une nation civilisée et, dans l'hémisphère occidental, l'adhésion des Etats-Unis à la doctrine Monroe peut forced les Etats-Unis, même à contrecoeur, dans des cas dinjustice et d'impuissance, à éxercer un pouvoir de police internationale".
05-10-05
Picasso, l'ANPE et mon cahier de français.
Bon. Alors bon.
Mon prof de français, en seconde, m'a un jour demandé de noter en gros sur mon cahier une phrase de Pablo Picasso. Je ne vous resitue pas plus le contexte, y'en aurait pour des heures (Florent, Quentin, spéciale dédicasse)...
Cette phrase, c'était : "Je ne cherche pas je trouve". Pourquoi pas.
Vraie ou pas vraie, d'accord ou pas d'accord, cette citation nous apprend quand-même un fait ô combien historique :
Pablo Picasso n'a jamais foutu les pieds dans une agence ANPE.
Parce que y'en a un paquet, des gars qui cherchent du boulot sans en trouver, dans ces agences ! Le côté positif du truc, c'est qu'avec notre carte de chômeur (ou "jeune diplômé", ça revient souvent au même), on peut aller au musée gratos ! Trop la classe !
A nous le Musée Pablo Picasso ! Yeah !
21-09-05
La longue, pénible et inutile histoire du petit livre orange qui m'a fait voir rouge.
Bon. Alors bon.
Je sais qu'à force de répéter toujours la même mise en garde, elle va finir par perdre en crédibilité. Du coup, là, vous n'allez pas trop me croire quand je vous dirai : "Attention, ça va être à la fois trèèèèès long, chiant et inutile à la fois".
Alors, re-du coup, vous allez commencer à lire ce qui suit, sans vraiment vous douter que c'est à la fois long, chiant, inutile, etc. Pourtant : attention, ça va être à la fois trèèèèès long, chiant et inutile, à la fois.
Promis !
Je sais aussi que ça fait un mois que j'aurais dû poster mon billet sur le Pérou. Manque de bol, ça n'est pas encore ça. Mais je crois que ça pourrait assez bien faire office de pro[cto]logue encore une fois complètement-à-côté-de-la-plaque-mais-pas-tant-que-ça au futur (ne désespérons pas...) récit de mon voyage.
Alors bon. Donc :
...En guise de préambule, puisque généralement il faut bien commencer par quelque chose quelque part et pour démontrer que oui, tout à fait, c'est possible de faire des introductions qui sont quatre fois plus longues et inintéressantes que le vif du sujet qui finira bien par arriver un jour au l'autre ; la preuve en images...
Le livre s'appelait "Gauches Latino-Américaines, origines et avenir". Ou quelque chose comme ça. Par contre, je suis incapable de me souvenir du nom de l'auteur. Pourtant ça date pas de si longtemps que ça. Enfin si ça me revient, je vous fais signe. Mais c'est pas gagné.
Le bouquin était petit, orange et, dans l'ensemble, plutôt intéressant. Il traitait des origines et de l'avenir des différentes Gauches latino-américaines. Si si. Vous aviez deviné ? Ah. En même temps, j'ai jamais trop eu la moyenne en effets d'annonce.
Enfin bon. Donc. Il était plutôt bien sauf que, comme ça arrive parfois, y'a 3 lignes qui flinguent tout et qui m'ont par la même occasion franchement énervé et amené à reconsidérer l'estime que j'avais pour l'auteur (dont le nom persiste à m'échapper).
Parce que dans la rubrique "Mexique", vous vous doutez bien que j'attendais avec impatience son analyse du combat et des actions de l'EZLN.
Eh ben comment il m'a calmé, le con ! Il torche le truc en quelque chose comme 27 mots et/ou un temps record. Pour lui, c'est juste une bande de guérillos médiatiques qui font rien qu'à faire des trucs pour que leur mère puisse les voir passer à la télé (même s'il faut avoer que les passes-montagne, ça aide pas pour reconnaître son fiston). Voilà. C'est tout.
Rostand en aurait fait une tirade. Moi, je me contente d'en parler ici ; j'ai pas le talent.
Parce que bon. Oui je me rend bien compte que je deviens lourd avec le Chiapas. Mais ça le mérite. Largement. Enfin je crois.
Les raisons sont nombreuses et je n'ai pas l'intention de vous les sortir cette fois-ci. Rassurez-vous. Je me contenterai d'un truc. Mais un truc vachement chiadé, qui fait que je m'intéresse tant à leur si noble cause. Attention, c'est là :
A travers Marcos, l'EZLN propose. Et agit.
Je sais ça à l'air con comme ça. J'ai peut-être un peu survendu mon truc ? Mais que je vous explique. En changeant -rituel oblige- complètement de sujet.
Je fait partie de ces gens qui ne peuvent pas s'endormir sans avoir lu un minimum et qui ne peuvent pas se résoudre à emprunter les livres (lire à ce sujet le billet du grand Mitnick : Le livre, le libraire). Ca a clairement 3 inconvénients :
1/ Etre obligé de construire un hangar de 250m² dans ta piaule pour stocker tes bouquins (ou alors faut trouver de la place entre les livres pour mettre ta chambre ; mais c'est pas gagné). 2/ Ca t'empêche de dormir, même si tu te couches à 4h00 du matin, tout vermoulu de fatigue après avoir construit un hangar de 250m² dans ta chambre pour y stocker tes livres. 3/ Ca te fait dépenser l'équivalent de ce que coûte la construction d'environ 25,7 hangars de stockage à livres. Autrement dit, sur une échelle de 1 à 10, beaucoup (Philippe, Pancho,...).
Moi, ça m'a pris, je crois, quand j'étais en CM1. Ou CM2. L'une de mes tantes m'a offert Le Tour du Monde en 80 Jours (Je ne la remercierai jamais assez je crois). Là, c'était fini. Ou plutôt, ça commençait.
Parce que comme forcément ça m'a beaucoup plu, je me suis enfilé une bonne partie de ses livres. Et puis après, je suis passé à Doyle et Christie, ce qui m'a doucement amené au collège. Là, j'ai découvert Flaubert, Mérimée et Balzac. Que du bonheur, quoi. Mais j'ai rapidement décidé d'arrêter la littérature pour me consacrer à des bouquins plus "engagés" et moins imagés (parce que dans les histoires de Mérimée et de Balzac, il y a beaucoup de très très belles images cachées derrières les très très jolis mots - mais à chaque fois que j'ai essayé d'expliquer ça à un pote de classe, je me prenais une chaise en travers de la gueule).
Et donc voilà. Cruelle séparation et adieux déchirants aux grands classiques et arrivée fracassante dans le monde des idées. Parce que j'étais parti sur le postulat de départ (Philippe, si tu m'entends, tout ça...) suivant :
"Toi le encore jeune (je ne m'appelais pas encore Barbudo, pour des raisons de non-pilosité évidentes. C'est venu plus tard) donc, toi, le jeune, disais-je, tu commences à avoir des idées bien à toi (ce qui ne t'empêche pas de les partager volontiers) et ta voix commence à devenir assez grave pour te permettre de t'affirmer un peu dans les débats enflammés (ou presque) qui embrasaient (ou pas) la cour de récré. Du coup, si tu veux être digne de tes/ces idées, va falloir que tu te documentes un max pour pouvoir l'ouvrir un minimum ensuite."
Dont acte.
Et j'ai jamais arrêté. Sauf que selon un récent sondage Iflop (Philippe, etc.), ma motivation commençait à décroître sérieusement. Et ça me faisait vachement chier, moi ! Parce que c'est important, quand-même, d'être digne de ses idées. Le pire de tout, c'est que j'étais infoutu de piger l'origine du déclin de ma motivation (ouah ! Trop forte, la phrase !). Bref : comment je flippais !
Et puis un jour, Zorro est arrivé. Et le solution aussi.
Bon. Avant de vous la donner, je tenais à vous annoncer que la séquence autobiographique de psychologue de province est terminée. Ca c'est fait.
Donc. La raison ? Eh ben la voilà : je me suis lassé de tous ces types qui se contentent de relater ou d'analyser. Attention, hein. J'ai rien contre les analyses et les relatations (?) mais y'a un moment ou ça suffit plus, surtout dans la mesure où le mec se permet de critiquer sans proposer autre chose ! Parce que là, ça devient gratuit.
Alors là, mon lectorat serait pas trié sur le volet (si quelqu'un pouvait m'expliquer cette expression...) je suis sûr qu'il se trouverait bien un ou deux petits malins pour me dire que "oui mais alors faudrait savoir. Ca va bien de dire que la lecture c'est trop cher et ensuite de se plaindre quand "Ca devient gratuit", non mais c'est vrai, quoi." A ceux-là, je ne répondrai même pas. C'est déjà assez le bordel, ce texte inutile et trop long qui part dans tous les sens pour qu'en plus je rajoute des passages inutiles et trop longs qui partent dans tous les sens. Faut se mettre un peu à la place de mes pauvres lecteurs que je maltraite si durement...
Enfin tout ça pour dire que le mec, là, comme beaucoup d'autres, il a du mérite. Il est bien documenté, il fait des belles phrases et il a les idées claires. Mais c'est un peu le problème. Parce que dans ce cas particulier de petit-livre-orange-qui-parle-de-l'origine-et-de-l'avenir-des-gauches-latino-américaines, l'auteur ne juge que par Lula. Pour lui, c'est l'avenir et c'est tout.
Vous me direz, c'est toujours mieux que de ne jurer que par Castro et son système électoral le plus efficace et démocratique du Monde (et puis quoi encore). C'est vrai. Je reconnais. Mais je trouve aussi que le combat zapatiste est peut-être la plus belle et la plus efficace (quoi que certains en disent) renaissance qu'ait pu connaître le mouvement général de révolte, de révolution qu'a connu l'Amérique Latine au cours du XXème siècle.
Alors c'est sûr que leurs méthodes de guérilla sont peu orthodoxes. Préférer les mots aux armes, raconter des histoires de scarabées-chevaliers-errants pour faire passer ses idées, ça peut choquer les puristes. Mais qu'est-ce qu'on en a à foutre, des puristes, si ça marche ? qu'il m'explique, cet homme dont le nom m'échappe toujours, comment ils auraient pu faire pour se faire entendre d'une autre manière... Moi, je trouve qu'ils ont admirablement réussi à sortir du carcan traditionaliste imposé par l'Histoire et les historiens quant aux formes que doit prendre ou non une révolution.
Bon. Rassurez-vous, je ne vais pas entrer plus dans les détails. Si j'arrive un jour à mettre au clair et concentrer tout ce que m'inspire le mouvement zapatiste, j'en ferai un nouveau billet, à part entière.
N'empêche que c'est en pensant à tout ce que je viens de vous asséner que j'ai entrevu un début d'explication sur mon attirance immodérée pour l'Amérique Latine : Je crois qu'à travers son histoire révolutionnaire, j'admire le courage et la dignité de ces hommes et femmes qui ont su agir par tous les moyens qu'ils ont jugés bons d'utiliser, qui ont lutté à leur manière pour chercher des solutions durables afin de refaire le monde.
Voilà. Un de ces quatre, faudra que je vous donne mon adresse pour que vous puissiez m'envoyer des colis piégés, histoire de vous venger de mes textes... Et comme ce sera parfaitement justifié d'une part et que, d'autre part, je ne suis pas rancunier, je vous lèguerai tous mes bouquins. A l'exception d'un petit livre orange qui m'a récemment bien servi, vu que j'étais en manque de PQ...
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