17-05-04
Dans le métro (3)

 

Comme quoi…

 

J'écoutais de la musique, comme souvent, en regagnant mon appart après une journée de boulot.

 

J'étais assis, comme souvent, sur le strapontin unique au fond de la dernière voiture (ou wagon ?) du métro 8 direction Créteil.

 

Une personne est entrée et s'est retrouvée près de moi.

 

Une fille.

 

Américaine.

 

Tout ce qu'il y a de plus américain.

 

Elle avait un accent très prononcé ; probablement texan.

 

Elle était à la limite de l'obésité.

 

Elle respirait la vulgarité.

 

J'ai du passer 10 bonnes minutes à focaliser mon attention sur cette caricature vivante de l'américain(e) de base telle qu'on se la représente en France.

 

Au bout de ces 10 minutes, j'étais arrivé à République. Et je me suis rendu compte que, plutôt que de m'abreuver bêtement de clichés, j'aurais mieux fait de regarder ailleurs.

 

Parce qu'au moment où je suis descendu de la rame, j'ai croisé le regard d'une autre passagère, très belle celle-là.

 

Elle me regardait.

 

Je n'ai pas eu le temps de répondre à son sourire, le métro était déjà reparti, me laissant comme un con sur le quai.  

 

Comme quoi…

Posté par el barbudo à 12:00 - Commentaires [3] - Permalien [#]


05-05-04
Dans le métro (2)

C'était en début de semaine.

Cet enfoiré avait la cinquantaine.

Il est entré dans le métro avec une femme qui devait être une de ses collègue de bureau mais qui, elle, n'était pas une enfoirée.

Moi j'avais mon casque sur les oreilles et j'écoutais Renaud. Pas trop fort.

Ils se sont assis à côté de moi et ils ont commencé à parler. Assez fort.

Comment ils en sont arrivés à discuter de ça, je ne pourrais pas le dire, vu que j'écoutais Renaud, pas trop fort. Toujours est-il qu'ils en sont arrivés à parler de l'Irak.

J'avais beau ne pas écouter C'est quand qu'on va où? trop fort, j'ai quand-même diminué un peu plus le volume pour les écouter.

J'ai finalement appuyé sur stop. Ca devenait tellement pathétique que je ne voulais pas laisser cet enfoiré gâcher une aussi jolie chanson chanson.

A chaque fois que la dame essayait d'exposer poliment des propos cohérents et objectifs, l'enfoiré rigolait bruyamment pour signifier à son interlocutrice son désaccord profond et son mépris. Pourtant, elle, c'était pas une enfoirée.

Et puis quand il en a eu marre de faire semblant d'écouter, quand il a senti que la situation commençait à lui échapper, cet enfoiré s'est redressé pour mieux la dominer l'a regardée droit dans les yeux et lui a dit : « Ne me dis pas que toi aussi t'as oublié que sans eux on parlerait allemand ! ».

Ou quelque chose dans le genre mais comme j'écoutais L'aquarium (même si j'écoutais pas trop fort) je n'en suis pas complètement sûr.

D'ailleurs je ne sais pas non-plus ce que sa collègue lui a répondu.

Parce qu'à partir de ce moment là, je me suis mis à écouter Renaud très fort, pour plus les entendre.

Pour ne plus l'entendre.

Je ne me suis même pas fatigué à essayer de lui faire comprendre toute la connerie de ses propos.

Je ne me suis même pas fatigué à lui dire que la seule raison pour laquelle ils sont intervenus (et interviennent toujours avec les méthodes que l'on connaît désormais) en Irak était de nature économique.

Je ne me suis même pas fatigué à lui expliquer que le gouvernement américain à laissé crever des millions de gens, dont une grande partie d'enfants en bas-âge, en imposant un blocus aussi cruel qu'inutile à une population déjà sévèrement mise à mal par Saddam Hussein.

Je ne me suis même pas fatigué à lui expliquer, comme l'a si bien fait Micheal Moore, que c'est justement le rôle d'un ami de prévenir lorsqu'on est dans l'erreur.

Je ne me suis même pas fatigué à lui expliquer que l'Irak n'a pas d'armes de destruction massive.

Je ne me suis même pas fatigué à lui dire que c'était en partie grâce à la France que les Etats-Unis avaient gagné leur indépendance face à l'Angleterre.

Je ne me suis pas fatigué à lui dire tout ce que je pense à ce sujet, ni ce que je pense des enfoirés qui tiennent le même discours que lui.

C'aurait été inutile.

Alors je me suis contenté d'écouter Fatigué très fort.

Ca tombe bien, c'est une de mes préférées.

Et puis on sait jamais : peut être qu'il aura entendu un peu les paroles...

Remarquez, il aurait été foutu de pas aimer!

C't'enfoiré...

Posté par el barbudo à 10:25 - Commentaires [5] - Permalien [#]
30-04-04
Dans le métro (1)

Elle avait à l'index et au majeur gauches deux grosses pierres noires, pas assez précieuses pour que ma culture limtée en matière de gemmologie me permette d'en identifier la nature précise. Elles étaient noires. C'est tout.

Ces deux yeux ne m'ont quitté du regard que lorsque l'inconnue est descendue du métro. Je ne me souviens plus du nom de la station.

Posté par el barbudo à 11:53 - Commentaires [4] - Permalien [#]
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