| 06-07-06
Boulettes de bœuf, racisme latent et Coupe du Monde…
Bon. Ce jour là, à la cantine, j’avais choisi les boulettes de bœuf. Avec du riz. Et donc bon. Je luttais contre la tentation de commencer par manger les 5 boulettes avant d’attaquer la garniture ; la perspective d’avaler une pleine assiette d’ongles sans rien pour varier un peu les plaisir ne me tentant que très moyennement. J’avais donc scientifiquement découpé chaque boulette en deux puis en quatre et j’en mangeais un morceau avec chaque fourchette de riz. Bon. C’était pourtant pas très drôle, mais les autres ont rigolé. Du coup, sentant qu’il les avait ferrés, il a continué : « C’est comme les Bleus ! Ils jouent mal contre le Ghana, mais bien contre le Brésil… C’est juste qu’ils n’avaient pas reçu les colis d’EPO à temps ! La poste avait du retard… A moins qu’ils n’aient acheté les match, comme en 98 »… Là, j’ai eu un peu de mal à avaler le 4ème quart de ma 2ème boulette, parce qu’il était plutôt sérieux en disant ça. Et puis, au moment où j’enfournais le 2ème quart de ma 3ème boulette et comme il était lancé, il a enchaîné : « D’ailleurs, en parlant des Bleus, je les ai regardés jouer, samedi, eh ben y’a pas un Noir qui connais les paroles de la Marseillaise. Même Ribery, qui est blanc, pourtant, il ne chantait pas. » Ce à quoi, mon voisin (qu’on appellera Truc) à répondu : « Ouais. Et déjà, je ne vois pas pourquoi ils ont arrêté d’apprendre la Marseillaise aux enfants à l’école ». J’étais tellement sidéré que j’en ai oublié de mettre du riz avec le 3ème quart de la 3ème boulette ! Machin, lui, n’écoutait pas Truc, trop occupé à s’écouter parler. Et pile quand j’avalais le 1er quart de la 4ème boulette, comme si de rien était, il a sorti : « Ah ça, de toute façon, Ribery… Depuis qu’il s’est converti à l’Islam pour épouser une algérienne, hein… Il ne connaît pas les paroles de la Marseillaise, mais il pourrait réciter le Coran par cœur avant chaque match ! » Parce que là, mes certitudes ont volé en éclats, un peu comme quelque chose qui se brise en plusieurs morceaux. J’me suis dit, en mon château-fort intérieur : « Si maintenant ils font des commentaires racistes même quand on gagne, Le Pen sera président en 2007 ! »… Parce que jusqu’à présent, les victoires avaient le don de rendre les gens subitement insensibles à la couleur des joueurs. Tant qu’ils gagnaient, ils étaient Français. Là, non. A tel point que j’ai arrêté de compter mes quarts de boulettes. Je ne me suis même pas fatigué à essayer de leur faire comprendre que les gars, quand ils sont sur le terrain, ils doivent être un minimum concentrés et stressés et que chanter la Marseillaise doit être le cadet de leurs soucis. Je ne me suis pas non-plus fatigué à leur dire qu’après tout, qu’est-ce qu’on en a à foutre de savoir qui chante ou qui ne chante pas ? Que le plus important c’est surtout de se dire que grâce à 11 gars (quels que soient leur couleur, leur religion ou le nom de leur chien), y’en a au moins 25 millions d’autres qui oublient leurs différences de couleur, de religion ou de nom de chien pour faire la fête ensemble. Et puis franchement, je ne sais pas vous, mais je préfère quand-même trèèèès largement voir les Français dans la rue après la victoire des Bleus contre le Brésil plutôt que parce que Le Pen a passé le premier tour des présidentielles… 31-05-06
François Hollande, fils caché d'Edouard Michelin ?
D'ailleurs, si y'en a un qui a brillé dans l'exercice de l'hommage posthume, c'est le gars François Hollande. Tout bonnement hallucinant. Parce que bon. Bon. Non mais je vous jure : on n'a pas idée de sortir des phrases pareilles ! "Un drame pour une famille touchée en plein cœur." 17-10-05
Une expression bien débile et sa déclinaison bien grave...
Bon. C'était il y a quelque chose comme deux ans. Quand soudain, un truc absolument dingue se produit devant nos yeux ébahis. Bon. Et lui, il me répond qu'effectivement, il avait aussi remarqué et qu'il en avait d'ailleurs tiré une expression bien débile, que je vous livre là, comme ça, à brûle parpaing : "C'est rare comme un pigeon qui a tout ses doigts de pattes" (C) Quentin T. Voilà pour l'expression débile. Elle est plus récente et plus triste. Et là, je me suis demandé à quand remontait la dernière fois que j'avais vu des bons français de France 100% made in Bretagne se faire contrôler par la RATP. Eh ben c'est triste mais si mes souvenirs son bons, c'était y'a... jamais. Alors qu'au contraire, des types d'origine Africaine, ça, c'est toute les semaines, que j'en vois. "Aussi rare qu'un contrôle non discriminatoire dans le métro" Et là, ça n'est clairement pas un coup de la carte vitale ; n'en déplaise à notre philosophe marseillais... 06-10-05
Argh !
Et bon. Aujourd'hui, dans la rubrique des citations-qui-font-pas-du-tout-flipper-juste-le-mec-qui-a-osé-dire-ça-il-aurait-mieux-fait-de-mourir, voici une petite phrase d'Henry Kissinger : "Je ne vois pas pourquoi nous laisserions un pays devenir communiste Il parlait du Chili. 26-09-05
Complètement à l'aide !
Bon. Je viens de faire un tour chez mes amis de THE BLOG. D'ailleurs, tant que je suis dans la rubrique "Grave", voici deux propos que je vous rapporte, concernant l'ouragan qui a ravagé la Nouvelle Orléans : >>> Le premier : la mère Bush, qui visitait un gymnase aménagé en dortoir pour accueillir les sinistrés a réussi à déclarer que, dans la mesure où la plupart des gens qui s'y trouvaient étaient pauvres (et souvent noirs, bizarrement), ça n'était pas une mauvaise chose pour eux de se retrouver là. A la limite, c'était même une chance... >>> Le deuxième : certains ultra-conservateurs ont, quant à eux, trouvé une explication toute naturelle à cette catastrophe : c'est tout simplement Dieu qui a voulu punir les pauvres qui habitaient dans les quartiers ravagés. Bien fait pour eux, quoi. Non mais c'est vrai, quoi... Quelle idée d'être pauvre ! Je n'arrive même pas à imaginer qu'on puisse dire des horreurs pareilles sans se pendre après... 17-11-04
Non, les américains ne sont pas tous des cons ! Enfin y'a des fois...
Depuis un certain temps, un tas de gens autour de moi s'adonnaient à des analyses profondes du genre : « De toute façon, les ricains [pas les américans, hein, attention !] ils sont vraiment trop cons. C'est pas comme les _____ (remplir le blanc par la nationalité des habitants dudernier pays étanger visité pour les vacnces). Eux, au moins, ils sont accueillants et ouverts. Moi, je sais que bon, ben un jour j'en ai croisé un, eh ben il m'a dit bonjour. C'est pas un amerloque [pas américain, hein, attention !] qui aurait fait ça... »
Or je ne supporte pas cette attitude et ce type de discours prémachés. J'ai beau aimer la photographie, j'ai horreur des clichés.
Franchement... Sous prétexte qu'ils (ou des amis qui leur auront raconté) viennent de passer 15 jours au Club Med, combien se permettent de généraliser en décidant que les habitants d'un pays sont TOUS sympas, ou TOUS complètement demeurés ?
En gros, si les vacances se sont mal passées, les gens sont tous des cons, ils te jettent des trucs en forme de chose lourdes et/ou pointues sur le coin de la gueule dès que tu as le malheur de mettre le nez dehors, ils sont tous fourbes, menteurs, calculateurs, ce sont des barbares attardés, des indigènes, qui ne se lavent pas, tuent des vieux sans attendre que la nuit soit tombée et mangent leurs enfats en vinaigrette en les trempant dans le café, ce qui ne se fait pas dans les pays civilisés.
Alors que si les vacances se sont déroulées comme prévu et bien qu'ils ne soient jamais sortis de leur hôtel 4 étoiles, là, les gens du cru deviennent a-do-ra-bles, tellement vrais, typiques, accueillants, souriants, ils ont le coeur sur la main (j'ai essayé, ça fait super mal), te prêtent leur femme quand t'en as marre de la tienne ; bref : des gens civilisés, quoi. Pas comme ces abrutis de sauvages d'en face. Mais attention : Ils sont bien placés pour le savoir, vu qu'ils ont « fait » (quelle expression merdique) le Maroc pendant 2 semaines, avec le Club Merde. Alors, hein, s'il-te-plait, big-up, respect.
Et bon. Tout ça pour en venir où, déjà ? Ah oui !
Non parce que je vois, moi, bon ben j'ai beau avoir mes opinions sur certains sujets, je ne me suis jamais permis d'affirmer, par exemple, que les américains sont des cons.
Jamais.
J'en entends déjà certains dire : « Ouah l'autre, eh ! Mytho ! Tu le dis tout le temps, ça ! Dès que t'en as l'occasion, tu recommences à nous faire chier avec leurs embargos, leur intolérance, l'omniprésence de la religion (poussée à l'extrême) dans leurs décisions politiques, dans leur vie, leur puritanisme exarcerbé, la manipulation des masses par les médias, leurs guerres, les droits sociaux inexistants, le contexte des élections de 2000, leur cynisme fièrement affiché, leur naïveté face aux clichés qui courrent sur tout ce qu'ils ne connaissent pas ou peu, le danger réel qu'ils représentent,... Alors nous fait pas croire que tu dis jamais que les américains [J'ai la chance insolente et immense d'avoir de trèèèèèèèès bons potes qui, eux, ne disent pas « ricains » ou « amerloques »] sont tous des cons ! »
Eh ben non. Pourtant y'a de la matière. Mais je n'ai jamais cédé à cette facilité.
Par contre, je dois reconnaître que le gouvernement Bush (notamment mais aussi tout ce qu'il représente et incarne) m'a toujours donné envie de gerber.
Je n'ai jamais pleuré en regardant un film. Pas une seule fois. Mais je dois avouer qu'à plusieurs reprises, en regardant des documentaires consacrés à W. et à sa fine équipe, j'ai eu froid dans le dos devant la gravité des faits qui étaient rapportés. J'ai frissonné. Pour de vrai.
Du coup, comme beaucoup, je nourissais le secret (pas si secret que ça) espoir que les américains allaient se (et nous) débarasser de l'autre abruti de fléau de Dieu. Objectivement, avec ce qu'on savait sur lui et ses sbires, il ne pouvait pas repasser. D'autant plus que plannait encore le souvenir des élections de 2000 qui allaient enfin donner à tous les citoyens alors privés de leurs droits une belle occasion de se venger.
Eh ben l'Histoire m'a envoyé chier mais alors d'une force !
C'est Philippe qui m'a appris le résultat final par texto quand je sortais du boulot. Au début, j'ai cru à une blague. Et puis non. Kerry n'aura pas su convaincre qu'il était au moins autant de droite que sont adversaire ; qu'il était juste un peu plus humain, ou plutôt un peu moins inhumain. Mais il n'est pas le seul en cause. Parce que l'Autre a quand-même trouvé le moyen de se faire réélire avec une écrasante majorité. Même les fraudes élecorales massives se seront avérées inutiles face à un tel raz-de-marée...
Y'a bien fallu que je me résigne. L'espace d'un instant, je me suis demandé : « Mais ils sont cons ou quoi ? » Et puis, finalement, je me suis repris. Je me suis consolé en me disant qu'ils n'étaient pas TOUS complètement cons ; qu'ils étaient juste, pour beaucoup, malades, que parmi tous ces gens, il y avait une grande majorité d'aveugles et de sourds.
Forcément.
Sinon comment expliquer cette désolante réélection ? Comme disait Machin : « Pardonnez-leur, ils ne sav[ai]ent pas ce qu'ils [faisaient] »... Espéront que ces quatre années supplémentaires ouvriront enfin les yeux des cons et que l'Autre n'accumulera pas encore plus de conneries, parce que je dois dire que ma patience a des limites et que s'ils nous la refont la prochaine fois, je serai très tenté de généraliser !
Par contre, Philippe : Autant tes (nos) jeux de mots bidons, je dis banco... Autant des nouvelles comme celle-là, fais moi plaisir, tu te les gardes ! 22-07-04
Affligeant...
D'accord ça fait longtemps mais bon. Voilà, quoi. Voici une petite citation, histoire de dire que je publie des trucs de temps en temps sans y passer deux plombes...
It's amazing I won. I was running against peace, properity and incumbency. Georges Walker Bush, june 14, 2001, speaking to the Swedish Prime Minister Goran Perrson, unaware that a live television camera was still rolling.
Pas mal, hein ! C'est tiré de Stupid White Men de Michael Moore. Comme c'est en VO, je me risque à le traduire : En gros, le 14 juin 2001, Bush a déclaré :
Je suis un gros con.
Je pense que c'est assez fidèle... t'en pense quoi, l'Ornyto ?
07-06-04
Conquistadors mon cul !
Hier, réunion familiale pour la communion de l'un de mes cousins (Romain). Ca me faisait vraiment chier d'aller à la messe, comme à une bonne partie de la famille d'ailleurs. Heureusement le prêtre était trèèèèèès rigolo. Je sais pas si c'était pour égayer la messe mais il a réussi à nous parler d'escargots de bouteilles de gaz, de plantes, des élections européennes, il a également évoqué "les lingots d'or qu'on met au frigo et qu'on sort de temps en temps pour ne pas les faire fondre" et il a terminé en demandant aux jeunes communiés de sortir en courant, parce que "c'est trés biblique de courir pour apporter l'amour et la paix, un peu comme aux JO". Véridique. A vrai dire, c'était pas pour me déplaire, pour une fois qu'on rigole lors d'une cérémonie religieuse... Sauf que quand il ne racontait pas de blagues (pour rester poli et ne pas dire "conneries") il redevenait chiant. Du coup je regardais les fresques peintes sur le béton pour passer le temps. Et c'est là que j'ai définitivement arrêté de rire, puisque j'ai lu ce qui suit écrit en grand au niveau d'une fresque : "D'immenses génies illustrent l'action de l'Eglise. La découverte du Nouveau Monde s'étend à toute la Terre" "Saint Charles Borbomée fonde le premier séminaire à Milan [...] Cabral au Brésil Cortez au Mexique Pizzare au Pérou [...]" Je trouve ça honteux, grave, révoltant et plein d'autres termes que j'ai pas en tête pour le moment (vu que je suis au boulot). Non contente d'avoir éradiqué des civilisations entières avec une cruauté et une violence inouïe en Amérique du Sud, l'Eglise s'en vente et glorifie les assassins. J'ai donc arrêté de rire, j'ai pris une photo (ça a un peu surpris pendant la cérémonie) et si elle est pas foirée, je pense que je la mettrai sur mon blog un de ces quatre. |