26-09-05
Complètement à l'aide !

Bon.
Alors bon.

Je viens de faire un tour chez mes amis de THE BLOG.
Je suis tombé sur le billet de Mitnick concernant l'immigration qu'il a rédigé suite à l'émission Ripostes du 25/09 sur France 5.
Eh ben ça fait vraiment flipper (le dauphin ?). La réalité est effectivement triste à voir. Allez voir les discussions sur le forum de l'émission (ici) ; ça se passe de commentaire...

D'ailleurs, tant que je suis dans la rubrique "Grave", voici deux propos que je vous rapporte, concernant l'ouragan qui a ravagé la Nouvelle Orléans :

>>> Le premier : la mère Bush, qui visitait un gymnase aménagé en dortoir pour accueillir les sinistrés a réussi à déclarer que, dans la mesure où la plupart des gens qui s'y trouvaient étaient pauvres (et souvent noirs, bizarrement), ça n'était pas une mauvaise chose pour eux de se retrouver là. A la limite, c'était même une chance...

>>> Le deuxième : certains ultra-conservateurs ont, quant à eux, trouvé une explication toute naturelle à cette catastrophe : c'est tout simplement Dieu qui a voulu punir les pauvres qui habitaient dans les quartiers ravagés. Bien fait pour eux, quoi. Non mais c'est vrai, quoi... Quelle idée d'être pauvre !

Je n'arrive même pas à imaginer qu'on puisse dire des horreurs pareilles sans se pendre après...

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21-09-05
La longue, pénible et inutile histoire du petit livre orange qui m'a fait voir rouge.

Bon.
Alors bon.

Je sais qu'à force de répéter toujours la même mise en garde, elle va finir par perdre en crédibilité.
Du coup, là, vous n'allez pas trop me croire quand je vous dirai : "Attention, ça va être à la fois trèèèèès long, chiant et inutile à la fois".

Alors, re-du coup, vous allez commencer à lire ce qui suit, sans vraiment vous douter que c'est à la fois long, chiant, inutile, etc.
Pourtant : attention, ça va être à la fois trèèèèès long, chiant et inutile, à la fois.

Promis !

Je sais aussi que ça fait un mois que j'aurais dû poster mon billet sur le Pérou.
Manque de bol, ça n'est pas encore ça.
Mais je crois que ça pourrait assez bien faire office de pro[cto]logue encore une fois complètement-à-côté-de-la-plaque-mais-pas-tant-que-ça au futur (ne désespérons pas...) récit de mon voyage.

Alors bon.
Donc :

...En guise de préambule, puisque généralement il faut bien commencer par quelque chose quelque part et pour démontrer que oui, tout à fait, c'est possible de faire des introductions qui sont quatre fois plus longues et inintéressantes que le vif du sujet qui finira bien par arriver un jour au l'autre ; la preuve en images...

Le livre s'appelait "Gauches Latino-Américaines, origines et avenir". Ou quelque chose comme ça.
Par contre, je suis incapable de me souvenir du nom de l'auteur. Pourtant ça date pas de si longtemps que ça. Enfin si ça me revient, je vous fais signe. Mais c'est pas gagné.

Le bouquin était petit, orange et, dans l'ensemble, plutôt intéressant. Il traitait des origines et de l'avenir des différentes Gauches latino-américaines. Si si.
Vous aviez deviné ? Ah. En même temps, j'ai jamais trop eu la moyenne en effets d'annonce.

Enfin bon.
Donc.
Il était plutôt bien sauf que, comme ça arrive parfois, y'a 3 lignes qui flinguent tout et qui m'ont par la même occasion franchement énervé et amené à reconsidérer l'estime que j'avais pour l'auteur (dont le nom persiste à m'échapper).

Parce que dans la rubrique "Mexique", vous vous doutez bien que j'attendais avec impatience son analyse du combat et des actions de l'EZLN.

Eh ben comment il m'a calmé, le con !
Il torche le truc en quelque chose comme 27 mots et/ou un temps record. Pour lui, c'est juste une bande de guérillos médiatiques qui font rien qu'à faire des trucs pour que leur mère puisse les voir passer à la télé (même s'il faut avoer que les passes-montagne, ça aide pas pour reconnaître son fiston).
Voilà.
C'est tout.

Rostand en aurait fait une tirade.
Moi, je me contente d'en parler ici ; j'ai pas le talent.

Parce que bon.
Oui je me rend bien compte que je deviens lourd avec le Chiapas.
Mais ça le mérite. Largement. Enfin je crois.

Les raisons sont nombreuses et je n'ai pas l'intention de vous les sortir cette fois-ci. Rassurez-vous. Je me contenterai d'un truc. Mais un truc vachement chiadé, qui fait que je m'intéresse tant à leur si noble cause. Attention, c'est là :

A travers Marcos, l'EZLN propose. Et agit.

Je sais ça à l'air con comme ça. J'ai peut-être un peu survendu mon truc ?  Mais que je vous explique.
En changeant -rituel oblige- complètement de sujet.

Je fait partie de ces gens qui ne peuvent pas s'endormir sans avoir lu un minimum et qui ne peuvent pas se résoudre à emprunter les livres (lire à ce sujet le billet du grand Mitnick : Le livre, le libraire).
Ca a clairement 3 inconvénients :

1/ Etre obligé de construire un hangar de 250m² dans ta piaule pour stocker tes bouquins (ou alors faut trouver de la place entre les livres pour mettre ta chambre ; mais c'est pas gagné).
2/ Ca t'empêche de dormir, même si tu te couches à 4h00 du matin, tout vermoulu de fatigue après avoir construit un hangar de 250m² dans ta chambre pour y stocker tes livres.
3/ Ca te fait dépenser l'équivalent de ce que coûte la construction d'environ 25,7 hangars de stockage à livres. Autrement dit, sur une échelle de 1 à 10, beaucoup (Philippe, Pancho,...).

Moi, ça m'a pris, je crois, quand j'étais en CM1. Ou CM2. L'une de mes tantes m'a offert Le Tour du Monde en 80 Jours (Je ne la remercierai jamais assez je crois). Là, c'était fini.
Ou plutôt, ça commençait.

Parce que comme forcément ça m'a beaucoup plu, je me suis enfilé une bonne partie de ses livres. Et puis après, je suis passé à Doyle et Christie, ce qui m'a doucement amené au collège. Là, j'ai découvert Flaubert, Mérimée et Balzac. Que du bonheur, quoi. Mais j'ai rapidement décidé d'arrêter la littérature pour me consacrer à des bouquins plus "engagés" et moins imagés (parce que dans les histoires de Mérimée et de Balzac, il y a beaucoup de très très belles images cachées derrières les très très jolis mots - mais à chaque fois que j'ai essayé d'expliquer ça à un pote de classe, je me prenais une chaise en travers de la gueule).

Et donc voilà.
Cruelle séparation et adieux déchirants aux grands classiques et arrivée fracassante dans le monde des idées. Parce que j'étais parti sur le postulat de départ (Philippe, si tu m'entends, tout ça...) suivant :

"Toi le encore jeune (je ne m'appelais pas encore Barbudo, pour des raisons de non-pilosité évidentes. C'est venu plus tard)  donc, toi, le jeune, disais-je, tu commences à avoir des idées bien à toi (ce qui ne t'empêche pas de les partager volontiers) et ta voix commence à devenir assez grave pour te permettre de t'affirmer un peu dans les débats enflammés (ou presque) qui embrasaient (ou pas) la cour de récré.
Du coup, si tu veux être digne de tes/ces idées, va falloir que tu te documentes un max pour pouvoir l'ouvrir un minimum ensuite."

Dont acte.

Et j'ai jamais arrêté. Sauf que selon un récent sondage Iflop (Philippe, etc.), ma motivation commençait à décroître sérieusement. Et ça me faisait vachement chier, moi ! Parce que c'est important, quand-même, d'être digne de ses idées.
Le pire de tout, c'est que j'étais infoutu de piger l'origine du déclin de ma motivation (ouah ! Trop forte, la phrase !). Bref : comment je flippais !

Et puis un jour, Zorro est arrivé. Et le solution aussi.

Bon.
Avant de vous la donner, je tenais à vous annoncer que la séquence autobiographique de psychologue de province est terminée. Ca c'est fait.

Donc.
La raison ? Eh ben la voilà : je me suis lassé de tous ces types qui se contentent de relater ou d'analyser.
Attention, hein. J'ai rien contre les analyses et les relatations (?) mais y'a un moment ou ça suffit plus, surtout dans la mesure où le mec se permet de critiquer sans proposer autre chose ! Parce que là, ça devient gratuit.

Alors là, mon lectorat serait pas trié sur le volet (si quelqu'un pouvait m'expliquer cette expression...) je suis sûr qu'il se trouverait bien un ou deux petits malins pour me dire que "oui mais alors faudrait savoir. Ca va bien de dire que la lecture c'est trop cher et ensuite de se plaindre quand "Ca devient gratuit", non mais c'est vrai, quoi." A ceux-là, je ne répondrai même pas.
C'est déjà assez le bordel, ce texte inutile et trop long qui part dans tous les sens pour qu'en plus je rajoute des passages inutiles et trop longs qui partent dans tous les sens. Faut se mettre un peu à la place de mes pauvres lecteurs que je maltraite si durement...

Enfin tout ça pour dire que le mec, là, comme beaucoup d'autres, il a du mérite. Il est bien documenté, il fait des belles phrases et il a les idées claires. Mais c'est un peu le problème.
Parce que dans ce cas particulier de petit-livre-orange-qui-parle-de-l'origine-et-de-l'avenir-des-gauches-latino-américaines, l'auteur ne juge que par Lula. Pour lui, c'est l'avenir et c'est tout.

Vous me direz, c'est toujours mieux que de ne jurer que par Castro et son système électoral le plus efficace et démocratique du Monde (et puis quoi encore). C'est vrai. Je reconnais.
Mais je trouve aussi que le combat zapatiste est peut-être la plus belle et la plus efficace (quoi que certains en disent) renaissance qu'ait pu connaître le mouvement général de révolte, de révolution qu'a connu l'Amérique Latine au cours du XXème siècle.

Alors c'est sûr que leurs méthodes de guérilla sont peu orthodoxes. Préférer les mots aux armes, raconter des histoires de scarabées-chevaliers-errants pour faire passer ses idées, ça peut choquer les puristes. Mais qu'est-ce qu'on en a à foutre, des puristes, si ça marche ?
qu'il m'explique, cet homme dont le nom m'échappe toujours, comment ils auraient pu faire pour se faire entendre d'une autre manière...
Moi, je trouve qu'ils ont admirablement réussi à sortir du carcan traditionaliste imposé par l'Histoire et les historiens quant aux formes que doit prendre ou non une révolution.

Bon.
Rassurez-vous, je ne vais pas entrer plus dans les détails. Si j'arrive un jour à mettre au clair et concentrer tout ce que m'inspire le mouvement zapatiste, j'en ferai un nouveau billet, à part entière.

N'empêche que c'est en pensant à tout ce que je viens de vous asséner que j'ai entrevu un début d'explication sur mon attirance immodérée pour l'Amérique Latine :
Je crois qu'à travers son histoire révolutionnaire, j'admire le courage et la dignité de ces hommes et femmes qui ont su agir par tous les moyens qu'ils ont jugés bons d'utiliser, qui ont lutté à leur manière pour chercher des solutions durables afin de refaire le monde.

Voilà.
Un de ces quatre, faudra que je vous donne mon adresse pour que vous puissiez m'envoyer des colis piégés, histoire de vous venger de mes textes...
Et comme ce sera parfaitement justifié d'une part et que, d'autre part, je ne suis pas rancunier, je vous lèguerai tous mes bouquins.
A l'exception d'un petit livre orange qui m'a récemment bien servi, vu que j'étais en manque de PQ...

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31-07-05
Hola ! Me llamo Pedro y tu, como te llamas ?

Bonjour, vous êtes bien sur le blog de Barbudo.
Je chevauche actuellement un lama dans la pampa péruvienne et serai de retour vers le 20.
Vous pouvez cependant continuer (?) à me laisser des commentaires ; j'y répondrai dès mon retour.
Viva la revolucion !

Tût... Tût... Tût...

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27-07-05
Dieu, les Hommes et Brassens...

Bon.
Alors bon.

Cette nuit, j'ai fait un tour sur le blog de Mitnick.
Je suis tombé sur le texte suivant et me suis lancé dans un commentaire plutôt laborieux (pour changer). Vu la tournure que ça prenait, j'ai préféré le publier comme nouveau message chez moi histoire de pas polluer son blog. Surtout que c'est, comme toujours, trèèèèèèèès long...
Alors, re-comme toujours, beaucoup de courage...

21 juillet 2005

" Vous serez comme des dieux"

Gustave Thibon, dans cette "fiction theâtrale" très agréable à lire, soulève une question essentielle. Il s'adresse plutôt aux croyants ( encore qu'elle interpelle tout le monde ). Je rappelle, pour ceux qui ne le connaissent pas, que Thibon était - décédé en 2001 - un philosophe monarchiste et catholique. Dans " Vous serez comme des dieux " , il prend acte et salue les progrès techniques, comme une victoire sur la nature. Toutefois, il s'interroge sur les limites de cette voie: peut-on indéfiniment se lancer dans une course au toujours mieux, toujours plus? N'y a t'il un point au delà duquel l'homme cesse d'être à sa place et concurrence Dieu? -  les croyants sont interpellés - . Il pose notamment, tout à fait clairement, la question suivante, censée, selon lui, départager les "hommes de l'avenir" et  les "hommes de l'éternité": " Si, du jour au lendemain, la science supprimait la mort, que penseriez-vous de ce "plan de Dieu sur l'histoire" qui perpétuerait indéfiniment la séparation entre l'homme et Dieu? Et surtout que choisiriez-vous? De profiter d'une découverte qui vous priverait pour jamais de la vision de celui que vous appelez votre Dieu ou bien de vous précipiter dans l'inconnue pour le rejoindre? "  (c) Mitnick 2005

Et voici ma réponse...

Ouach ! Balèze, la question !

D'abord, le concept de concurrencer Dieu ne me semble pas nouveau. C'est même plutôt devenu un cliché qui est à la fois ressorti par des journalistes qui n'ont pas peur des lieux communs dans n'importe quel débat sur l'évolution des techniques génétiques et dans n'importe quel James Bond où le méchant crée une armée de méchants communistes génétiquement modifiés dans des chars génétiquement modifiés pour débarquer en France, ou personne n'est génétiquement modifié, dans la mesure où le nuage de Tchernobyl s'est arrêté aux frontières, comme chacun sait.

Bon.
J'aurais dû vous prévenir avant de commencer, ça fait deux soirs que je ne dors pas. Alors j'ai bien peur que mon commentaire soit encore pire que les autres...

Enfin bon.
Donc, le concept ne me semble pas être récent. Et, à mon humble avis, il y aura toujours au moins une poignée d'hommes et de femmes pour se "lancer dans une course au toujours mieux, toujours plus". Que ce soit au nom de la science ou d'autre chose, d'ailleurs. Partant de là, je pense également qu'un jour ou l'autre (si ça n'est pas déjà fait) ces hommes et ces femmes seront amenés à concurrencer Dieu volontairement ou non.

Et là, suivant les conseils de mes différents profs de français, je vais élargir le débat momentanément et sous vos yeux ébahis, pour le bonheur des grands et des petits (coupez les parties superflues que vous jugez de trop dans cette phrase interminable).

En effet, cette question me rappelle une chanson de Brassens : Le Grand Pan. Voici les paroles. Je vous en conseil chaudement l'écoute, elle n'est pas forcément très connue et c'est dommage...

Du temps que régnait le Grand Pan,
Les dieux protégaient les ivrognes
Des tas de génies titubants
Au nez rouge, à la rouge trogne.
Dès qu'un homme vidait les cruchons,
Qu'un sac à vin faisait carousse
Ils venaient en bande à ses trousses
Compter les bouchons.
La plus humble piquette était alors bénie,
Distillée par Noé, Silène, et compagnie.
Le vin donnait un lustre au pire des minus,
Et le moindre pochard avait tout de Bacchus.

{Refrain:}
Mais en se touchant le crâne, en criant " J'ai trouvé "
La bande au professeur Nimbus est arrivée
Qui s'est mise à frapper les cieux d'alignement,
Chasser les Dieux du Firmament.

Aujourd'hui ça et là, les gens boivent encore,
Et le feu du nectar fait toujours luire les trognes.
Mais les dieux ne répondent plus pour les ivrognes.
Bacchus est alcoolique, et le grand Pan est mort.

Quand deux imbéciles heureux
S'amusaient à des bagatelles,
Un tas de génies amoureux
Venaient leur tenir la chandelle.
Du fin fond du champs élysées
Dès qu'ils entendaient un " Je t'aime ",
Ils accouraient à l'instant même
Compter les baisers.
La plus humble amourette
Etait alors bénie
Sacrée par Aphrodite, Eros, et compagnie.
L'amour donnait un lustre au pire des minus,
Et la moindre amoureuse avait tout de Vénus.

{Refrain}

Aujourd'hui ça et là, les cœurs battent encore,
Et la règle du jeu de l'amour est la même.
Mais les dieux ne répondent plus de ceux qui s'aiment.
Vénus s'est faite femme, et le grand Pan est mort.

Et quand fatale sonnait l'heure
De prendre un linceul pour costume
Un tas de génies l'œil en pleurs
Vous offraient des honneurs posthumes.
Et pour aller au céleste empire,
Dans leur barque ils venaient vous prendre.
C'était presque un plaisir de rendre
Le dernier soupir.
La plus humble dépouille était alors bénie,
Embarquée par Caron, Pluton et compagnie.
Au pire des minus, l'âme était accordée,
Et le moindre mortel avait l'éternité.

{Refrain}

Aujourd'hui ça et là, les gens passent encore,
Mais la tombe est hélas la dernière demeure
Les dieux ne répondent plus de ceux qui meurent.
La mort est naturelle, et le grand Pan est mort.

Et l'un des dernier dieux, l'un des derniers suprêmes,
Ne doit plus se sentir tellement bien lui-même
Un beau jour on va voir le Christ
Descendre du calvaire en disant dans sa lippe
"Merde je ne joue plus pour tous ces pauvres types.
J'ai bien peur que la fin du monde soit bien triste."

Voilà. 

Bon.
Là vous allez me dire "il se fout de notre gueule, ou quoi ? Y'a aucun rapport avec la question... C'est n'importe quoi." En fait si, y'en a un, de rapport. Mais il est bien caché.

Parce que dans ce texte, Brassens déplore le fait que la science, à force d'expliquer ce qui fait que la vie est mystérieuse et donc, pour certains, divine, a fini par faire perdre à nos vie toute poésie. Ce qui n'est pas complètement faux ! Et hop : on retombe en plein dans le débat ! Ah ah !
Voilà. C'était la fin de l'élargissement du débat.

Concernant la question que pose Thibon, elle est, je trouve, d'une pertinance rare. Et j'imagine que ceux qui croient en un Dieu auraient beaucoup de mal à choisir...

Je prends l'exemple des Quackers et autres Protestants, pères fondateurs, pour Weber, du Capitalisme Occidental Moderne (si mes souvenirs sont bons et ils devraient l'être, vue la prof qu'on a eu la chance d'avoir au lycée...). Ils triment toute leur vie pour participer du mieux qu'ils peuvent à la construction du royaume de Dieu et ne se permettent aucune déviance, aucun extra dans leur vie terrestre, sous peine de se retrouver en enfer après leur mort.
Trop la pression !

Plus généralement, la question posée par Thibon me semble impliquer environ deux options et demie.
Basiquement, ou tu deviens immortel, ou tu reste mortel et tu finis par rejoindre Dieu. Là, ça ne nous en fait que deux, on est d'accord.
Là où ça se corse, c'est quand tu crois en Dieu. Parce que dans ce cas là, une partie des croyants, les plus fervents, dans un sens ; ceux qui, par exemple, décident de consacrer leur vie à Dieu, devraient choisir de devenir immortels pour continuer à le servir jusqu'à la fin des temps (un peu biblique, cette fin de phrase, nan ? Faut que je me calme, moi...).

Or je ne suis pas persuadé du fait que ça enchanterait tous les croyants de devenir immortels juste pour servir Dieu. A mon avis, la promesse de se retrouver au Paradis (pour faire simple) après une vie passée à respecter toutes les règles imposées (parfois absurdes et souvent contraignantes) par la religion permet justement de faire passer la pilulle et assure la motivation des troupes.

Mais si on t'offre la possibilité de servir Dieu toute ta vie sans pour autant pouvoir bénéficier des avantages post-mortem (?), alors là, t'as intérêt à pas douter et à être motivé à bloc ! Et je pense qu'un paquet de gens remettraient en doute leur foi...

Par contre ça impliquerait qu'on ne considère comme "vrais" croyants que ceux qui décident de consacrer tout leur temps à Dieu. Or ça n'est pas forcément le cas... D'autant plus que je considère qu'il ne peut pas y avoir de demie-mesure dans ces cas là.

Je sais que ça à l'air évident : on y croit ou pas.

Pourtant, il me semble que dans l'esprit des gens il y a les vrais de vrais, les pratiquants, qui vont à la messe, qui ne mangent pas de viande le vendredi, qui font le carême, etc (si on prend l'exemple du catholicisme) et les autres, qui y croient peut-être, mais qui ne se plient pas à ces règles.

Eh ben moi, je m'outre.

Si tu crois en Dieu, tu n'es pas obligé de te comporter en mouton. Ca se passe entre toi et lui. C'est tout. T'as pas besoin d'aller à la messe pour te prouver et prouver aux autres que tu es digne d'y croire.

Après tout, c'est justement chez les pratiquants qu'on trouve le terreau le plus fertile pour les extrémistes abrutis et aveugles qui dénaturent leur idéologie en s'illustrant tristement par des actes débiles et immondes.

Bon.
De toute façon, on en est pas là.
Le vaccin contre la mort n'est pas encore à l'ordre du jour.
Ce qui laisse encore le temps aux croyants de répondre à la très pertinente question de Thibon.

Moi, personnellement, je suis exempté, ne croyant pas.
Du coup je vais mettre à profit le temps qu'il me reste pour dormir un peu, histoire de récupérer un peu... A moins que j'attende d'être mort pour me reposer.
J'attends vos appréciations avec impatience sans me faire trop d'illusions ; j'ai toujours eu des notes pourries en philo.

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18-07-05
Echec ? C'est l'intention qui compte...

Bon.
Alors bon.

Me revoilà.
Enfin presque.
Parce qu'en fait, vous allez voir, je triche un peu...

A défaut d'écrire un vrai billet à moi tout seul, je profite de ce blog pour vous faire partager un texte du Sous-Commanant Marcos... Il y en aura d'autres. Un paquet d'autres... Parce que franchement, j'admire !
Vous connaissez probablement le personnage, peut-être même aurez-vous déjà lu ce texte. Dans ce cas, relisez le ; moi, je ne m'en lasse pas ! On se retrouve après.

[A l'issue de la marche sur Mexico, Marcos a retrouvé les intellectuels qui avaient soutenu l'initiative de l'EZLN pour les remercier. Au cours de cette rencontre, il leur a raconté l'histoire suivante.]

"Cela s'appelle L'Autre Joueur. Un groupe de joueurs est plongé dans une très importante partie d'échecs de haute école. Un indigène s'approche, observe et demande : A quoi jouez-vous ? Nul ne lui répond.
L'indigène se rapproche de l'échiquier, contemple la position des pièces, le visage grave et concentré des joueurs et repose le question : A quoi jouez-vous ?
L'un des joueurs prend la peine de lui répondre : Tu ne pourrais pas comprendre. C'est un jeu pour personnes importantes et savantes. L'indigène reste silencieux et continue d'observer l'échiquier et les mouvements des adversaires.
Au bout d'un certain temps, il ose une nouvelle question : Et pourquoi jouez-vous si vous ignorez qui va gagner ?
Le même joueur qui lui avait répondu lui dit : Tu ne peux pas comprendre. C'est une affaires de spécialistes. Cela dépasse ton entendement.
L'indigène ne dit rien. Il continue de regarder puis s'en va. Au bout d'un moment, il revient en apportant quelque chose. Sans dire un mot, il s'approche de la table de jeu et dépose au milieu de l'échiquier une vieille botte pleine de boue.
Les joueurs sont déconcertés et le regardent avec colère.
L'indigène sourit malicieusement et demande : Echec ?
Fin de l'histoire.

La clé de ce conte n'est pas la botte pleine de boue qui interrompt et subvertit la partie d'échecs médiatiques des seigneurs du pouvoir et de l'argent et le jeu de ceux qui ont fait de la politique un art de la simulation et de la tromperie.
L'essentiel est dans le sourire de l'indigène qui montre qu'il sait quelque chose. Il sait qu'il manque un autre joueur : lui.
Mais surtout, il sait que la partie n'est pas terminée et que nous ne l'avons pas perdue. Il sait que la partie d'échec ne fait que commencer.
Et il le sait non pas parce qu'il le sait, mais parce qu'il le rêve.

En somme : nous, les indigènes, ne faisons pas partie du passé, mais du futur. Car on regarde vers l'arrière mais on rêve vers l'avant.
Nos pieds demeurent dans la glaise de l'Histoire mais notre tête aperçoit de lumineux lendemains."

Voilà. Ca calme, hein ?

Bon.
Alors bon.
J'avais encore un paquet de trucs à dire sur le sujet. Même deux paquets. Mais je vais les garder pour le jour où je serai en forme, parce que là, c'est pas exactement ça.
Je ne connais pas le nom de celui ou celle qui a un jour dit : C'est l'intention qui compte. Mais je lui dois une fière chandelle.
Parce que je vais bel et bien me contenter (pour cette fois) de poster le texte d'un autre sans y ajouter de commentaires... J'ai honte, je l'avoue, mais j'espère que vous me pardonnerez... Après tout, je ne sais plus qui l'a dit mais... C'est l'intention qui compte !

Ps : Je dédie ce timide retour sur les ondes à Mitnick, depuis le temps qu'il l'attend ! J'espère qu'il en voudra bien... D'ailleurs, le titre de mon billet n'est pas sans rappeller le sujet de l'un des siens... Mais est-ce vraiment un hasard ? Pas si sûr ! Je ne crois pas au hasard... Après tout, tout s'arrange... ou tout s'arrange ! Comme l'a dit un vieux sage de ma connaissance.

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26-05-05
Grand concours intergalactique de la mort qui tue.

Bon.
Alors bon.

Comme suite aux messages respectifs de mes deux compères, je suis heureux de vous faire, à mon tour, part de cette magnifique initiative qui, reconnaissons le, est tout à notre honneur (pas alambiquée, la phrase...) : le grand concours intergalactique des beulogs à haute teneur contestable.

Contrairement à ce que prétend l'autre chaco de John, l'idée n'est pas commune, mais vient de moi tout seul, comme un grand. J'avais une angine, j'me souviens. Or il est bien connu que les maux de gorges sont favorables pour faire naître les idées. On se comprend...

Comme c'est suite à l'un de ses messages que l'idée m'est venue et vu l'immense honneur qu'il me fait de ma laisser participer à un certain projet à base de prètre, je suis cependant tout prêt à partager l'idée avec lui, à hauteur de... allez : mettons 55/45.
C'est pas mal, nan ?

Enfin.
Le résultat est là, nous venons de lancer le :

Grand concours intergalactique des beulogs à haute teneur contestable.

Ca donne envie, nan ?
En gros, voilà le principe : chaque mois, Philippe, Florent et votre serviteur (à priori, d'autres pourront se greffer à cette fine équipe des hautes instances) vous proposons une liste de beulogs nuls à chier.
Du genre bourrés de fautes (pire que moi), écrits intégralement en majuscules, avec des textes pathétiques et ridicules (les commentaires comptent aussi)...

Pour la première édition, nous vous avons réservé trois énormités absolument grandioses :

1/ http://www.rodrigojtm.canalblog.com/ et plus particulièrement le texte "si tu le lisais RODRIGO".
2/ Le site de Malow plus pour les commentaires que pour le message lui-même...
3/ Celui de "La piplette aux blagues pas drôles" ou "la pabpd" pour les intimes et surtout, surtout, "Une vie d'ado jimagines".

Alors vous me direz comment ça marche ?
Eh ben tout le monde vote (perso, je vote pour le n°3) et, à la fin du mois, on totalise les voix et on déclare l'un des participants involontaires vaincqueur.
Pour voter, c'est pas dûr, vous nous laissez un commentaire pour nous dire qui vous choisissez (ici ou sur les blogs de John et Pancho).

Là, vous me direz, qu'est-ce qu'il gagne, le vainqueur ?
Eh ben déjà, le gagnant va recevoir un message de notre part, le prévenant que trois connards auto-proclammés juges ont le plaisir de lui annoncer que son beulog est une merde.
Ca, déjà, ça fait plaisir.
Ensuite, on il recevra un cadeau par mail (faut que je valide avec mes deux potes mais j'ai une p'tite idée pourrie à souhait).
Et, pour finir, s'il souhaite nous laisser son adresse, je m'engage à lui envoyer un VRAi cadeau chez lui (à base, par exemple de cures-dents, de pages d'annuaires, etc.)

Là vous me direz : mais c'est trop con.
Ben ouais.

Bon.
On se voit samedi , Pancho, John et moi, pour arrêter les modalités en détail, mais le gros du truc est là.

Perso, j'attends avec impatience les mails des élus, révoltés, outrés de notre démarche et de la subjectivité complète de ce concours débile !

Posté par el barbudo à 17:53 - Commentaires [6] - Permalien [#]
19-05-05
Quand communisme rime avec capitalisme... et inversement.

Bon.
Depuis hier, un pote à base de cheveux en carton m'a fait signe qu'une fille à base de cheveux blond vénitien ne m'en voulait plus trop de n'avoir rien dit/fait de mal à son égard (Allan Poe - je change un peu de je m'égare de l'Est, vu que bon. Voilà, quoi. En plus c'est classe comme référence, nan ? Et puis de "égard" à "Edgar", y'a qu'une lettre volée, en somme...).

Alors j'en profite avant que le vent tourne (ce qui semble être assez souvent le cas près de chez elle...) pour critiquer un truc qui m'a bien blasé.

Hier, au hasard d'une recherche, je me suis retrouvé sur le blog d'un type en cliquant sur un lien que je ne citerai pas pour ne pas lui faire de pub.

Le truc sobre.
Vert fluo.
Avec une bande jaune fluo de 10cm de large sur le côté.
Avec un titre rouge fluo d'une sobriété excessive et modeste, avec ça : Citoyens du monde.
Rien que ça.

Bon.
Passée la conjonctivite, arrive la surprise : le mec signe ses textes "BARBUDO" ; ce qui me rappelle étrangement quelqu'un me resemblant beaucoup...
Pourquoi pas, après tout... Et puis lui, il l'écrit tout en majuscules son pseudo.

Mais la surprise a rapidement fait place à l'énervement.

Le mec c'est un rebelle (enfin il se considère comme tel) et il a des idées bien manichéennes sur tout et rien. Moi, ça, ça me fait beaucoup rire. Jusqu'à un certain point. Après ça me gave.

A titre d'exemple, il a trié ses liens en catégories. Et la quatrième est vraiment drôlastre.
Elle s'intitule "4, Comprendre objectivement le monde" (pas mal, hein !). On y trouve notamment des liens vers "Anti-capitalisme", "contester la mondialisation anticapitaliste", ou encore "Bob Marley" (c'était ça ou le poster du Che -le cliché ultra connu de Corda- pour mettre dans sa chambre. Lui il a choisi Bob Marley, mais à mon humble avis il ne connaît pas grand chose du personnage). Y'a aussi "Ambassade cubaine", "Soutenir Cuba assiégé" et "Le quotidien International de Cuba".
objectivité, quand tu nous tient...

Parce qu'à priori, hein, il semblerait vaguement que le mec soit de gauche.
Et Cuba, c'est son cheval de bataille.
Son fond de commerce, plutôt.

Et son discours à la con sur la situation cubaine me donne légèrement envie de lui charcuter la gueule.
En fait, il accumule les clichés et il se perd dedans.
Surtout, il se révolte sur le fait qu'on puisse qualifier Castro de dictateur principalement dans les media (Pancho, John, mes précieux correcteurs, vous emportez pas, y'a pas de "s" à media ; c'est le pluriel de medium).

Putain.
Eh faut se réveiller, gars !
Désolé, mais depuis la révolution cubaine, que probablement tu admires (comme d'autres -suivez mon regard dans le miroir ou vers Florent), une flopée d'évènements ont eu lieu.
Bizarrement, Cienfuegos, Guevara (eh oui, même lui) et les autres sont morts dans des circonstances pour le moins suspectes.
Et sous l'inflexion de Castro, le Leader Maximo, la révolution communiste (je dirais guévariste, moi) s'est mochement et malement (je vais pas dire bel et bien) transformée en dictature.

C'est sûr que si tu te bornes à lire les nouvelles déformées par les différents organes officiels et officieux du gouvernement cubain, tu risques pas d'être d'accord...
Tu risques pas de trouver une analyse comme la mienne (si on peu appeler ces trois pauvres lignes une analyse) dans le "Quotidien International de Cuba" ou sur le site de l'ambassade cubaine.

Pourtant y'a qu'à demander aux journalistes qui sont enfermés dans les geôles cubaines depuis trop longtemps pour t'en rendre compte... Ca s'appelle comment un pays qui enferme les journalistes, les intellectuels et les contestataires ? Une dictature.

Là aussi, le gars, il s'énerve. Il en a marre qu'on demande la libération de toutes ces personnes enfermées par Fidel et Raùl. Non. C'est pas normal. Et puis arrêtez de dire que c'est une dictature, c'est même pas vrai.

Evidemment, le type, il s'appuie sur des faits concrets quand même, pour affirmer tout ça aussi sûrement.
En fait j'en ai trouvé deux.

1/ Le domaine de la santé. Effectivement, on vit bien à Cuba (côté santé). Mieux que chez leurs voisins US. Et on est sait lire plus souvent (l'illetrisme est plus important aux Etats-Unis que sur l'île). Mais ça, personne ne le nie. Alors que le type, lui, il a l'impression que tout le monde essaie de cacher ces statistiques. 

2/ L'embargo américain. Depuis Kennedy et la défaite historique et complète de la Baie des Cochons, Cuba fait toujours l'objet d'un embargo total de la part de l'Oncle Sam. Ce qui est la fois injustifié, surtout 40 ans plus tard et dégueulasse, puisque les embargos touchent les populations mais pas les grands chefs (qui sont censés être les cibles). Tu crois que ça l'empêche de vivre, Castro ? Laisse moi rire !

Par contre, malgré l'instruction et la couverture santé, le peuple cubain ne vit pas. Il survit. A la fois écrasé par un embargo injuste qui le prive de tout (même de dentifrice) imposé par un pays étranger qui se veut gendarme du monde et par un tyran qui le prive de la seule chose (avec la dignité) impalpable qui aurait pu à la limte, justifier toutes ces souffrances : la liberté.
On est bien loin de la révolution des barbudos...

Faut ouvrir les yeux, Machin et puis faire attention.

Fais toujours bien gaffe aux idéologies et aux mecs qui utilisent trop souvent des mots en -isme.
Le communisme, le capitalisme, y'en a quelques uns qui se sont réclamés leaders éclairés, y'en beaucoup qui y ont cru et y'en a des millions qui en sont morts. Et c'est pas fini.

Castro n'a plus rien de communiste aujourd'hui (je ne pense d'ailleurs pas qu'il l'ait un jour été). Par contre, c'est un dictateur.

C'est un pourri. Un médiocre qui a sacrifié "son" peuple, dégueulassé encore plus (après Staline, c'était pourtant pas nécessaire) une idéologie qui aurait pu être trèèèèèès belle et qui continue à écraser le plus petit opposant pour satisfaire, développer et assurer sa petite gloire personnelle.

Et c'est bien là le problème du communisme... Ca repose sur l'Homme. Sur tous les hommes. Y compris sur des types comme lui. Et c'est bien pour ça qu'on ne peut pas/plus y croire complètement, quand on voit la gueule et les antécédents du lascar ; quand on prend conscience de la nature humaine... Enfin il me semble !

Bon.

Voilà, c'était mon petit quart d'heure de philosophie de province à moi.
Y'avait pas mal de trucs à dire encore, mais j'arrête là (surtout que je sens déjà venir certains commentaires...) !
Désolé, je crois que ça va encore être laborieux à lire... C'était pas prévu comme ça au début. Mais bon. Voilà, quoi (pas mal la conclusion, hein ?)

Ps : D'ailleurs, les gens ne s'y trompent pas... J'ai jamais vu un poster de Castro dans la piaule d'un pote...

Posté par el barbudo à 18:43 - Commentaires [26] - Permalien [#]
17-05-05
Audiard, ce génie, Labro, ce salaud.

Bon.
Alors bon.

Ca fait maintenant un certain temps que je me fous mentalement des coups de pied au cul pour écrire mes billets dans les temps, à défaut de le faire dans le lac.

Parce que bon.
Ca commence à bien faire, de ressortir des trucs vieux de trois mois pour remplir ce beulog.
Faut dire qu'en comptant Beyann, fraîchement débarqué, le nombre de mes lecteurs est passé à au moins... quatre !
Wah ! J'ai trop la pression, maintenant !

Et donc bon.
Force m'est de constater que le coup-de-pied-au-cul-mental n'a qu'une efficacité relative, à base de 0.3 sur l'échelle des trucs-mentaux-qui-servent-à-motiver-et-non-pas-à-tenir-chaud-contrairement-à-ce-qu'on-pourrait-penser.
Parce que si j'ai pas attendu deux mois, ça remonte quand même à la semaine dernière, mon truc, là.
Jeudi, 23h35 sur France3, pour être précis.

Y'avait une émission sur Audiard. Jusque là, je respecte. Je dis bravo. J'applaudis. Je dis merci.
Là où ça a merdé, c'est sur la présentation. C'est Philippe Labro qui s'en chargeait.

Bon.
Moi, fondamentalement, j'avais rien contre ce mec là. Je l'aurais croisé dans la rue, je lui aurais sûrement dit bonjour et même demandé un autographe pour mon pote Michel Pâté.

Mais ça, c'était avant.
Parce que si je dois bien avouer que le mec a la classe, il a aussi fait un truc qu'on ne peut pas pardonner.
En gros, le mec, il cite un passage ultra-connu des Tontons Flingueurs, quand Ventura déclare :

Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît.

Sauf que Labro, lui, il dit "Les cons, CELA ose tout..."
On croit rêver, non ?

Cela ose tout ? Mais ça nique tout, ça !C'est comme si Baudelaire avait un jour écrit "il alla uriner avec sa bite et déféquer avec son cul" ! Surtout que non content de flinguer le texte, il conclue le reportage en déclarant qu'Audiard, c'était PRESQUE du Balzac.

Ouh putain ! Eh, mais le gonze, quand il dit ça, il parle ou il chie (dédicace aux anciens de Chagall-Maubeuge) ? Presque du Balzac... Mais il est où le rapport ? Au risque de me répéter, Frédéric Dard (le père de San-Antonio) avait dit de Renaud qu'il faisait le boulot de Verlaine avec des mots de bistrot ; ce qui est à la fois très vrai et très bien trouvé.

Eh ben moi, dans un élan (c'est dangereux les élans. Je le sais, y'en a un qui a mordu la soeur du mec qui fait le générique de Sacré Graal) de créativité et d'originalité tout bonnement époustouflant, je dis qu'Audiard a fait le boulot de Balzac avec des mots de bistrot aussi.
Et je crois qu'on n'en entendra pas de Citeaux (nan je l'ai pas déjà faite), des dialogues pareils, ciselés au ciseau, à base de finesse du point (dédicace aux participants de Domino Day et au pote bidas de Bruno).

Je ne résiste évidemment pas à la tentation de vous faire partager un extrait de Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages (pour sortir un peu des Tontons) :

- J'ai bon caractère, mais j'ai le glaive vengeur et le bras séculier. L'aigle va fondre sur la vielle buse.
- Un peu chouette comme métaphore, non ?
- C'est pas une métaphore, c'est une périphrase.
- Tu me fais chier !
- CA, c'est une métaphore.

Que du bonheur, quoi.

Bon.
Une personne à base de blond vénicien me fait signe que de toute façon, moi, je sers à rien, à part, peut-être me foutre de la gueule des autres. Et encore, c'est pas du tout son trip, surtout que je n'ai pas le hoquet (parce que CA c'est rigolo, un mec qui a le hoquet). Enfin bon ; elle aime plus trop ma gueule, faut que j'arrête de critiquer les autres.

Alors, à la décharge de Philippe Labro, je dois reconnaître que l'émission était franchement bien. Faudrait juste la diffuser à une heure de grande écoute, que tout le monde puisse en profiter et profiter du talent d'Audiard.

C'est mieux, là ?

Pour ceux que ça intéresse, je vous conseille trèèèès fortement la lecture de Audiard par Audiard, bouquin passionnant qui regroupe à la fois sa bio, des interviews et un recueil de ses meilleurs dialogues.
On retrouve aussi certaines lettres écrites à son sujets dont une de Frédéric Dard, que je vous ferai partager bientôt (le temps de retourner chez moi et de ne pas oublier de le ramener).

En attendant, puisque vous avez eu le courage de lire mon truc jusqu'au bout, voici un lien vers un site pas mal qui regroupe les passages d'anthologie et permet surtout de les écouter. Foncez-y !

Posté par el barbudo à 12:32 - Commentaires [5] - Permalien [#]
10-05-05
Véritée absolue oubliée...

Bon.
Alors bon.

Ca m'est revenu dimanche en me rasant. J'ai oublié un truc dans mon pourtant très long billet sur mon séjour chez l'Ornyto à Marseille.

Samedi après-midi.
Planète Mars.
On s'promenait je sais plus trop où ; on avait déjà bien marché.
On a croisé un SDF.
Quand il nous a apperçus, il s'est arrêté de marcher.
Il nous a fixé.
On s'est arrêté.
On l'a regardé.
Et là, il nous a dit un truc.
Ou plutôt il nous a asséné LA vérité absolue.
La seule, la vraie :

"Ca, c'est encore un coup de la carte vitale !"

C'est tout.
Le temps qu'on percute, il était reparti.
Les passants n'ont pas eu l'air de comprendre ce qui venait de se passer.
Ils n'ont pas semblé saisir l'importance du moment.
Pourtant c'est au moins aussi fort que E=mc², ça.
C'est la réponse à toutes les questions qu'on peut se poser.

La preuve :
Qui a buté Kennedy ? Pourquoi c'était dégueu ce midi à la cantine ? Pourquoi Patrick Dewaer s'est flingué ? Pourquoi le ciel est bleu ? Pourquoi les oiseaux chantent ? Pourquoi l'autre connard de leader nazi allemand a trouvé le moyen de déclarer, il y a deux jours (le 08 mai) que "Ce n'est pas une libération pour l'Allemagne mais une défaite. Et il n'y a rien à célébrer" ? Pourquoi Le Pen n'est-t-il pas mort alors que plein de gens bien sont partis trop tôt ? Enfin bref POURQUOI ?

Eh ben à cause de la Carte Vitale !

Je sais même pas comment j'ai fait pour oublier ça.
Je sais même pas comment j'ai fait pour m'en souvenir !

Posté par el barbudo à 17:39 - Commentaires [4] - Permalien [#]
Henning Mankell : Le Guerrier Solitaire

Alors bon.
Nouveau bouquin.

Cette fois, il s'agit... suspense...
Ah oui c'est vrai que j'ai foutu le titre et l'auteur dans l'intitulé de mon billet.
Bon. Alors il s'agit, pas suspense du tout... de Le Guerrier Solitaire, d'Henning Mankell.

Après L'Homme qui Souriait, c'est le deuxième que je lis de cet auteur.
Et je ne suis toujours pas déçu !

Le mec est suédois et ses histoires s'y déroulent.
Forcément, ça dépayse. On a trop l'habitude d'être bombardé de thrillers et de polars amérloques (dédicace à Florent).
Du coup, là, on rigole, vu que la moitié des personnages portent des prénoms et des noms trèèèèèès bizarre, avec des petits ronds au dessus des "A". Ca change de Johnson et de ses potes Harry, Billy et Bob.

Mais mis à part ces spécificités linguistiques, on sent qu'il est né dans pays nordique.
Son style est très propre. Très léché. Suédois, quoi.
Y'a pas un truc plus haut que l'autre.

Mais on ne s'emmerde pas. Loin de là !
Il nous tient en haleine sans en avoir l'air que c'en est un bonheur et jusqu'à la dernière page, espère !

Le Guerrier Solitaire est de loin le plus efficace des deux. Mais L'Homme qui Souriait constitue une très bonne entrée en matière pour découvrir les personnages.
Dans les deux cas, on y retrouve l'inspecteur Kurt Wallander, le héro.

Il bosse dans un commissariat de Scanie, quelque part en Suède, donc, et vit difficilement un certain nombre de trucs moches qu'il a vécu/fait dans le passé.
Y'a aussi toute une équipe d'inspecteurs avec lesquels il bosse. Parce que pour une fois, on n'a pas un héro qui se démerde seul où avec un faire-valoir. Là, on suit l'évolution de l'enquête petit, à petit à travers les agissements de Wallander, bien sûr, mais aussi au fil des réunions auxquelles tous participent pour partager leurs découvertes, leurs opinions, etc.
C'est franchement captivant et intéressant.

Bon.
Alors bon.
Après avoir relu ce dernier paragraphe, je me rend compte que contrairement à Mankell, ma prose est tout sauf captivante et intéressante.
J'ai même un peu peur de vous refroidir. Alors que ses deux bouquins valent vraiment le coup.

Ordentligt läsning (en VO) !

Posté par el barbudo à 15:36 - Commentaires [4] - Permalien [#]
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